{"id":98,"date":"2020-01-28T18:00:53","date_gmt":"2020-01-28T17:00:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.noria-research.com\/?p=18229"},"modified":"2024-09-09T10:38:21","modified_gmt":"2024-09-09T08:38:21","slug":"les-racines-locales-de-la-violence-burkina-faso","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/noria-research.com\/africas\/fr\/les-racines-locales-de-la-violence-burkina-faso\/","title":{"rendered":"Les racines locales de la violence dans l\u2019Est du Burkina Faso: La concurrence pour les ressources, l\u2019\u00c9tat et les armes"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-very-dark-gray-color has-text-color\"><strong>Entre fin 2018 et 2019, l\u2019explosion de la violence li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence de groupes djihadistes a secou\u00e9 l\u2019Est du Burkina Faso, jusqu\u2019alors relativement \u00e9pargn\u00e9 par ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Si le d\u00e9placement des groupes djihadistes dans le Sahel rel\u00e8ve avant tout d\u2019une logique milicienne d\u2019\u00e9vitement des zones d\u2019op\u00e9rations \u00ab&nbsp;antiterroristes&nbsp;\u00bb, la r\u00e9ussite de leur implantation s\u2019explique largement par leur capacit\u00e9 \u00e0 se greffer sur la marginalisation politique et \u00e9conomique de l\u2019Est du Burkina Faso pour construire une insurrection arm\u00e9e.&nbsp; La r\u00e9gion orientale du Burkina Faso est marqu\u00e9e par une histoire violente et un sentiment d\u2019abandon de la part des citoyens qui ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des rapports conflictuels avec le pouvoir central. La population doit faire face \u00e0 une criminalit\u00e9 end\u00e9mique et \u00e0 une comp\u00e9tition f\u00e9roce pour l\u2019acc\u00e8s aux ressources naturelles, l\u2019\u00c9tat \u00e9tant jug\u00e9 absent ou pr\u00e9dateur, et sa justice d\u00e9faillante. Les groupes arm\u00e9s tirent ainsi moins profit de l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 leur id\u00e9ologie djihadiste que de ce terreau local qui leur permet de s\u2019enraciner.&nbsp;L\u2019Est du Burkina Faso appara\u00eet comme un miroir grossissant des dynamiques de r\u00e9gionalisation de la violence d\u00e9sormais en cours au Sahel.  <\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Djihad transnational et violences locales<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p> Comme une grande partie du pays, la r\u00e9gion orientale du Burkina Faso conna\u00eet, depuis la fin de l\u2019ann\u00e9e 2018, une augmentation spectaculaire du nombre d\u2019actes violents commis par des groupes arm\u00e9s se revendiquant du djihadisme<sup data-fn=\"noria-1826\" class=\"fn\"><a id=\"noria-1826-link\" href=\"#noria-1826\">1<\/a><\/sup> : utilisation d\u2019\u00ab&nbsp;engins explosifs improvis\u00e9s&nbsp;\u00bb et attaques contre l\u2019arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re, enl\u00e8vements et assassinats cibl\u00e9s sont ainsi devenus quasi quotidiens. Malgr\u00e9 plusieurs op\u00e9rations militaires men\u00e9es dans la r\u00e9gion contre ces groupes arm\u00e9s, l\u2019Est du Burkina Faso semble n\u2019avoir trouv\u00e9 sa place sur la carte m\u00e9diatique du djihad africain qu\u2019apr\u00e8s la lib\u00e9ration d\u2019otages occidentaux en mai 2019<sup data-fn=\"noria-2410\" class=\"fn\"><a id=\"noria-2410-link\" href=\"#noria-2410\">2<\/a><\/sup>, puis en novembre de cette m\u00eame ann\u00e9e, \u00e0 la suite de l\u2019attaque meurtri\u00e8re de bus transportant les salari\u00e9s d\u2019une entreprise mini\u00e8re canadienne<sup data-fn=\"noria-2835\" class=\"fn\"><a id=\"noria-2835-link\" href=\"#noria-2835\">3<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p> Surnomm\u00e9e trivialement par les Burkinab\u00e8 \u00ab\u00a0la zone rouge\u00a0\u00bb en raison de la forte activit\u00e9 criminelle qui y s\u00e9vit, la r\u00e9gion conna\u00eet depuis longtemps une violence diffuse. La perm\u00e9abilit\u00e9 de ses fronti\u00e8res avec les pays voisins en a fait, historiquement, une zone de contrebande o\u00f9 les \u00e9changes informels jouent un r\u00f4le crucial dans l\u2019\u00e9conomie locale et font vivre nombre d\u2019habitants.\u00a0 L\u2019Est du Burkina Faso sert ainsi d\u2019interface entre la zone sah\u00e9lienne et les fa\u00e7ades maritimes du B\u00e9nin, du Ghana et du Togo. Cigarettes, carburant, ivoire, armes, stup\u00e9fiants ou simples biens de consommation quotidiens y circulent hors de tout contr\u00f4le \u00e9tatique.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-medium-font-size\">&#8220;L\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 a longtemps refus\u00e9 de reconna\u00eetre la dimension endog\u00e8ne de l\u2019insurrection arm\u00e9e&#8221;<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p> La r\u00e9gion est marqu\u00e9e par la marginalisation socio-\u00e9conomique de certaines communaut\u00e9s et des jeunes g\u00e9n\u00e9rations, notamment nourrie par une comp\u00e9tition accrue pour l\u2019acc\u00e8s aux ressources fonci\u00e8res et naturelles. Ces \u00ab&nbsp;cadets sociaux<sup data-fn=\"noria-4386\" class=\"fn\"><a id=\"noria-4386-link\" href=\"#noria-4386\">4<\/a><\/sup> \u00bb nourrissent un sentiment de d\u00e9possession qui a \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9 par certains discours djihadistes. Les groupes arm\u00e9s vont proposer de leur venir en aide en offrant avantages et protection, \u00e0 condition que ceux-ci les rejoignent dans leur opposition \u00e0 l\u2019\u00c9tat central, tenu pour responsable de leur situation. <\/p>\n\n\n\n<p> L\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 a longtemps refus\u00e9 de reconna\u00eetre la dimension endog\u00e8ne de l\u2019insurrection arm\u00e9e qui secoue l\u2019Est du pays et accus\u00e9 certains acteurs du conflit malien ou des mercenaires rest\u00e9s fid\u00e8les au chef de l\u2019ancien r\u00e9gime, Blaise Compaor\u00e9<sup data-fn=\"noria-5301\" class=\"fn\"><a id=\"noria-5301-link\" href=\"#noria-5301\">5<\/a><\/sup>, d\u2019en \u00eatre \u00e0 l\u2019origine. Une telle approche semble ignorer que l\u2019implantation des groupes arm\u00e9s se r\u00e9clamant du djihad doit plus \u00e0 leur capacit\u00e9 \u00e0 se saisir des probl\u00e8mes socio-politiques locaux qu\u2019\u00e0 une quelconque aide ext\u00e9rieure. Leur aptitude et leur facilit\u00e9 \u00e0 mener des actions de gu\u00e9rilla tient ainsi en grande partie \u00e0 la r\u00e9ussite pr\u00e9alable de leur int\u00e9gration au sein de territoires d\u00e9laiss\u00e9s et en proie \u00e0 une gestion politique d\u00e9faillante.<\/p>\n\n\n\n<p>\nL\u2019implantation\ndurable de groupes djihadistes t\u00e9moigne en ce sens moins d\u2019une\n\u00ab&nbsp;radicalisation&nbsp;\u00bb politique ou religieuse de la\npopulation \u2013 entendue comme le recours croissant \u00e0 des pratiques\nviolentes par adh\u00e9sion \u00e0 un syst\u00e8me id\u00e9ologique \u2013 qu\u2019elle\nne r\u00e9v\u00e8le\nleur capacit\u00e9 \u00e0 se saisir des tensions entre l\u2019\u00c9tat central et\nles populations de l\u2019Est du pays. Leur inscription locale b\u00e9n\u00e9ficie\nd\u2019une situation o\u00f9 l\u2019usage (ou la menace) de la violence est la\nprincipale ressource politique dont disposent ces habitants dans leur\nrapport\navec leurs institutions. \n<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>De\nla pression fonci\u00e8re \u00e0 la concurrence pour les ressources\nnaturelles&nbsp;: une \u00e9conomie politique productrice de violence <\/strong>\n<\/h2>\n\n\n\n<p> Malgr\u00e9 des ressources naturelles diverses et abondantes (p\u00e2turages, terres fertiles, b\u00e9tail, lacs, etc.), la population de l\u2019Est ne dispose que d\u2019un tr\u00e8s faible acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau et \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Elle reste, pour sa majorit\u00e9, dans une grande pauvret\u00e9 et conna\u00eet un taux de scolarisation extr\u00eamement bas. Seuls 10&nbsp;% des chefs de famille ont re\u00e7u une \u00e9ducation au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9cole primaire et plus de 60&nbsp;% n\u2019ont jamais eu d\u2019instruction, dans une r\u00e9gion o\u00f9 plus de la moiti\u00e9 des m\u00e9nages se trouve en situation d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire<sup data-fn=\"noria-7502\" class=\"fn\"><a id=\"noria-7502-link\" href=\"#noria-7502\">6<\/a><\/sup>. La r\u00e9gion p\u00e2tit \u00e9galement du manque d\u2019investissement public&nbsp;: les routes qui la sillonnent sont dans un \u00e9tat d\u00e9sastreux et ses rares b\u00e2timents administratifs sont v\u00e9tustes et sous-\u00e9quip\u00e9s.  <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-medium is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"750\" src=\"http:\/\/noria-research.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-soldat-1-1000x750.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21803\" style=\"width:1000px;height:750px\" srcset=\"https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-soldat-1-1000x750.jpg 1000w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-soldat-1-1920x1440.jpg 1920w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-soldat-1-500x375.jpg 500w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-soldat-1-768x576.jpg 768w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-soldat-1-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-soldat-1-2048x1536.jpg 2048w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-soldat-1-400x300.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p> Le Burkina Faso ayant h\u00e9rit\u00e9 de la p\u00e9riode coloniale d\u2019une tradition \u00e9tatique jacobine, les zones p\u00e9riph\u00e9riques s\u2019estiment marginalis\u00e9es par le pouvoir central de Ouagadougou, que beaucoup d\u2019habitants associent \u00e0 la communaut\u00e9 Mossi, majoritaire au Burkina Faso et occupant principalement le plateau central du pays. Les autres composantes nationales, Gourmantch\u00e9 et Peul, s\u2019estiment en effet priv\u00e9es d\u2019un acc\u00e8s aux ressources politiques et \u00e9conomiques et mobilisent en retour des discours identitaires d\u2019opposition au pouvoir \u00e9tatique.  <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-medium-font-size\">&#8220;La pression fonci\u00e8re explique le d\u00e9placement vers les aires de transhumance, provoquant des tensions entre paysans et communaut\u00e9s d\u2019\u00e9leveurs&#8221;<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Trois grandes dynamiques contribuent \u00e0 transformer le rapport \u00e0 la terre et \u00e0 nourrir les in\u00e9galit\u00e9s \u00e9conomiques dans l\u2019Est du Burkina Faso. La premi\u00e8re tient \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en vigueur en 2009 de la loi 0034. Celle-ci modifie les r\u00e8gles de cession des propri\u00e9t\u00e9s fonci\u00e8res en introduisant des logiques capitalistes \u2013 la revente des terres aux plus offrants \u2013 au d\u00e9triment des pratiques de transmission familiale des biens. Cela a entrain\u00e9 un processus de concentration des terres, relativement nouveau dans cette zone.  Les propri\u00e9taires terriens, tr\u00e8s souvent \u00e2g\u00e9s, privent ainsi les jeunes g\u00e9n\u00e9rations de la possibilit\u00e9 de disposer de terres pour l\u2019agriculture dans un contexte de croissance d\u00e9mographique<sup data-fn=\"noria-9983\" class=\"fn\"><a id=\"noria-9983-link\" href=\"#noria-9983\">7<\/a><\/sup>, comme l\u2019explique le maire d\u2019une petite commune&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Pr\u00e8s de chez moi il y avait un vieux avec une dizaine d\u2019enfants. Il a vendu presque toutes ses terres \u00e0 un riche Ouagalais. Il n\u2019avait jamais eu d\u2019argent et on lui propose des millions de francs, forcement il craque.<\/em> <em>Mais maintenant ses enfants, ils vont vivre de quoi&nbsp;?<\/em>&nbsp;<em>\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p> Il en r\u00e9sulte un rapport hostile de la part de la jeune g\u00e9n\u00e9ration vis-\u00e0-vis des nouveaux acqu\u00e9reurs, souvent per\u00e7us comme des \u00ab<em>&nbsp;\u00e9trangers&nbsp;<\/em>\u00bb puisque non issus des cercles familiaux ou communautaires, et accus\u00e9s de spoliation. Cette hostilit\u00e9 s\u2019\u00e9tend parfois \u00e0 la chefferie coutumi\u00e8re et aux chefs de terre, d\u00e9sign\u00e9s comme complices. Cette fracture g\u00e9n\u00e9rationnelle prive ainsi les plus jeunes d\u2019exercer leur activit\u00e9 agricole et favorise l\u2019\u00e9mergence d\u2019une classe de propri\u00e9taires terriens, souvent jug\u00e9s proches du pouvoir central ou ayant des relations avec ce dernier. La pression fonci\u00e8re, produit de la restriction des terres disponibles, explique ensuite le d\u00e9placement des zones de culture vers les aires de transhumance, provoquant par ricochet des tensions entre paysans et communaut\u00e9s d\u2019\u00e9leveurs, dans un pays o\u00f9 ces deux activit\u00e9s jouent un r\u00f4le primordial. L\u2019agriculture et l\u2019\u00e9levage emploient plus de 80 % de la population active<sup data-fn=\"noria-11747\" class=\"fn\"><a id=\"noria-11747-link\" href=\"#noria-11747\">8<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p> La deuxi\u00e8me dynamique de transformation du rapport au foncier \u2013 notamment depuis les ann\u00e9es 2000 \u2013 est li\u00e9e au renforcement par l\u2019administration centrale des aires naturelles prot\u00e9g\u00e9es et de zones de chasse r\u00e9glement\u00e9es, qui r\u00e9duisent les possibilit\u00e9s pour les populations d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des terres cultivables ou des lieux de p\u00eache et de chasse. La frustration sociale est d\u2019autant plus forte que ces zones privatis\u00e9es sont g\u00e9n\u00e9ralement accapar\u00e9es par des groupes ou des individus que les populations d\u00e9signent, l\u00e0 encore, comme <em>\u00ab<\/em>&nbsp;\u00e9trangers&nbsp;<em>\u00bb<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Ce peut \u00eatre l\u2019\u00c9tat, incarn\u00e9 par les agents des Eaux et For\u00eats qui rackettent les habitants, comme en t\u00e9moigne un repr\u00e9sentant des \u00e9leveurs&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;On a des bergers qui nous appellent car les agents de l\u2019\u00c9tat leur demandent 100&nbsp;000 francs pour quelques branches coup\u00e9es dans un parc. Vous vous rendez compte de ce que cela repr\u00e9sente&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/em>. Ces frustrations sont aussi aliment\u00e9es par la pr\u00e9sence de soci\u00e9t\u00e9s \u00e9trang\u00e8res. Dans le parc de la Pendjari \u00e0 la fronti\u00e8re b\u00e9ninoise, ce sont des agents de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9s, employ\u00e9s par l\u2019ONG African Parks, qui notamment \u00e0 partir de 2017, ont repouss\u00e9 certaines populations hors des zones prot\u00e9g\u00e9es. Ces politiques de gestion du foncier entra\u00eenent une r\u00e9duction des espaces vivriers disponibles pour les populations rurales qui ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de leur r\u00e9allocation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\nEnfin,\ncomme dans le reste du pays, les compagnies \u00e9trang\u00e8res qui\nd\u00e9tiennent les mines d\u2019or ont \u00e9tabli de stricts p\u00e9rim\u00e8tres de\ns\u00e9curit\u00e9 autour de leurs zones d\u2019activit\u00e9, au sein desquelles ne\npeuvent p\u00e9n\u00e9trer les populations locales (y compris les acteurs\ns\u00e9curitaires). Les populations estiment ne pas b\u00e9n\u00e9ficier de\ncompensations suffisantes pour ce qui est per\u00e7u comme une\nconfiscation des terres au profit des activit\u00e9s aurif\u00e8res. Un\nsentiment qui est aussi accentu\u00e9 par la criminalisation des\nactivit\u00e9s d\u2019orpaillage artisanales.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"is-style-large\"> &#8220;L\u2019\u00c9tat a jusqu\u2019ici apport\u00e9 une r\u00e9ponse uniquement s\u00e9curitaire au d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9conomie informelle ou aux mobilisations sociales dans l\u2019Est du pays&#8221;<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>\nFace au peu\nde perspectives d\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique l\u00e9gale, les jeunes\ng\u00e9n\u00e9rations investissent le secteur informel de l\u2019orpaillage, du\nbraconnage ou de diff\u00e9rents trafics. La seule r\u00e9ponse apport\u00e9e par\nl\u2019\u00c9tat a \u00e9t\u00e9 de criminaliser ces activit\u00e9s. La vingtaine de\nsites d\u2019orpaillage ill\u00e9gaux de l\u2019Est du pays repr\u00e9sente des\ncentres attractifs pour une jeunesse d\u00e9s\u0153uvr\u00e9e, mais ces activit\u00e9s\ndemeurent sous la menace des agents de l\u2019\u00c9tat qui peuvent les\nfermer \u00e0 tout moment ou racketter les ouvriers lorsqu\u2019ils\nrepartent des sites d\u2019extraction. Quant \u00e0 ceux qui choisissent\nd\u2019occuper ill\u00e9galement des parcelles de terre dans les zones\nprot\u00e9g\u00e9es pour les cultiver, ils se voient expuls\u00e9s par les agents\nde l\u2019\u00c9tat (policiers, militaires, agents des Eaux et For\u00eats)\nsouvent de mani\u00e8re violente&nbsp;: destruction des cases et des\ngreniers \u00e0 grains, amendes, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>\nLes\nconflits qui naissent de cette rar\u00e9faction des d\u00e9bouch\u00e9s\n\u00e9conomiques prennent d\u2019autant plus d\u2019importance qu\u2019ils sont\ng\u00e9n\u00e9ralement mal r\u00e9gul\u00e9s par une justice \u00e9tatique consid\u00e9r\u00e9e\nincomp\u00e9tente et corrompue, comme l\u2019explique un \u00e9leveur&nbsp;:\n<em>\u00ab&nbsp;si\non va au tribunal, c\u2019est surtout le plus riche qui gagne.&nbsp;\u00bb<\/em>\nLes populations de l\u2019Est per\u00e7oivent les fonctionnaires de la\nr\u00e9gion comme des \u00e9l\u00e9ments perturbateurs de la paix sociale et\nexpriment leur absence de confiance vis-\u00e0-vis des acteurs de la\ncha\u00eene p\u00e9nale (police, gendarmerie, tribunaux), au-del\u00e0 m\u00eame des\nsoup\u00e7ons de connivence entre forces de s\u00e9curit\u00e9 et criminels.<\/p>\n\n\n\n<p> Les communaut\u00e9s r\u00e9fractaires au pouvoir \u00e9tatique tentent alors d\u2019inventer des formes locales de gestion pour contourner le pouvoir de ses agents. Face \u00e0 ces formes in\u00e9dites de mobilisation en r\u00e9action \u00e0 la marginalisation \u00e9conomique d\u2019une part grandissante de la population, l\u2019\u00c9tat a jusqu\u2019ici apport\u00e9 une r\u00e9ponse uniquement s\u00e9curitaire comme le d\u00e9veloppement d\u2019op\u00e9rations de \u00ab&nbsp;ratissage&nbsp;\u00bb, qui ont souvent conduit \u00e0 des exactions contre les populations. On observe des pratiques politiques alimentant des dynamiques de fragmentation sociale au sein m\u00eame de la r\u00e9gion et jusque dans les familles, ce qui provoque une multitude de frustrations individuelles ou collectives.<\/p>\n\n\n\n<p>\nCes \u00e9volutions des pratiques\nfonci\u00e8res ont profond\u00e9ment boulevers\u00e9 le rapport des populations\nlocales \u00e0 la terre et ont contribu\u00e9 \u00e0 nourrir leur ressentiment.\nLa propri\u00e9t\u00e9 et l\u2019usage de la terre conditionnent une relation de\npropri\u00e9t\u00e9 entre les hommes et un espace mais organisent \u00e9galement\nles rapports sociaux entre les individus. L\u2019implantation de groupes\narm\u00e9s se revendiquant du djihad agit ainsi comme un r\u00e9v\u00e9lateur de\nces enjeux que l\u2019on retrouve dans d\u2019autres parties du Burkina\nFaso (notamment \u00e0 l\u2019Ouest) ainsi qu\u2019au niveau r\u00e9gional. \n<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\n<strong>Apprentissage\ndu \u00ab&nbsp;m\u00e9tier des armes&nbsp;\u00bb<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p> La transformation des modalit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la terre et aux ressources naturelles s\u2019est conjugu\u00e9e \u00e0 une diffusion de diff\u00e9rentes formes de violences arm\u00e9es dans la r\u00e9gion. Dans les ann\u00e9es 2000, des groupes criminels se sp\u00e9cialisent dans le \u00ab&nbsp;coupage de routes&nbsp;\u00bb et la taxation des populations, profitant de la densit\u00e9 des for\u00eats, de la porosit\u00e9 des fronti\u00e8res et de l\u2019absence de contr\u00f4le \u00e9tatique dans une partie de la r\u00e9gion orientale. Le d\u00e9mant\u00e8lement de nombreux r\u00e9seaux criminels par les groupes d\u2019autod\u00e9fense \u00ab&nbsp;Koglweogo&nbsp;\u00bb depuis 2015 semblait avoir apais\u00e9 la situation<sup data-fn=\"noria-18425\" class=\"fn\"><a id=\"noria-18425-link\" href=\"#noria-18425\">9<\/a><\/sup>. Certains d\u00e9linquants avaient opt\u00e9 pour une int\u00e9gration (contrainte ou volontaire) aux groupes d\u2019autod\u00e9fense, faisant m\u00e9caniquement baisser la criminalit\u00e9. \u00ab&nbsp;<em>On a su faire revenir nos enfants qui \u00e9taient partis en brousse pour tuer, voler et violer. Aujourd\u2019hui, ils sont avec nous&nbsp;<\/em>\u00bb, expliquait en 2017 un chef Koglweogo<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\nLa\nrecherche de la paix sociale dans la r\u00e9gion a favoris\u00e9 une alliance\nde circonstance entre un \u00c9tat jug\u00e9 absent et ses partenaires\nKoglweogo. La r\u00e9duction des activit\u00e9s criminelles s\u2019est cependant\naccompagn\u00e9e d\u2019une explosion des abus de pouvoir de la part des\ngroupes d\u2019autod\u00e9fense&nbsp;: arrestations et d\u00e9tentions\narbitraires, rackets sous formes d\u2019amendes arbitraires, tortures,\netc. Malgr\u00e9 la participation ponctuelle de ses forces de s\u00e9curit\u00e9\naux activit\u00e9s des groupes d\u2019autod\u00e9fense, la l\u00e9gitimit\u00e9 de\nl\u2019\u00c9tat central \u00e0 d\u00e9ployer et user de la force publique s\u2019est\n\u00e9rod\u00e9e dans cette alliance.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"is-style-large\"> &#8220;Les groupes d\u2019autod\u00e9fense n\u2019ont pas pu faire face \u00e0 l\u2019implantation et \u00e0 la concurrence de groupes arm\u00e9s mieux \u00e9quip\u00e9s et entra\u00een\u00e9s&#8221;<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>\nDans un\npremier temps, la collaboration entre l\u2019\u00c9tat et les groupes\nd\u2019autod\u00e9fense a permis la cr\u00e9ation d\u2019un espace r\u00e9gul\u00e9 par\nl\u2019utilisation priv\u00e9e de la violence, les Koglweogo ne repr\u00e9sentant\npas une menace directe pour l\u2019\u00c9tat. Ils ne s\u2019attaquaient pas \u00e0\nses institutions et coop\u00e9raient r\u00e9guli\u00e8rement avec ses forces de\ns\u00e9curit\u00e9, malgr\u00e9 parfois des frictions sur le terrain avec ces\nderniers. La solution s\u00e9curitaire peine cependant \u00e0 masquer les\ncons\u00e9quences de l\u2019absence de l\u2019\u00c9tat. Comme  le confiait un \u00e9lu\nen 2017, \u00ab&nbsp;<em>avant\nles Koglweogo, il n\u2019y avait pas de s\u00e9curit\u00e9. Aujourd\u2019hui c\u2019est\nmieux, mais ici on peut rouler des heures sans jamais rencontrer un\nposte de police [\u2026] et regardez nos routes, dans quel \u00e9tat elles\nsont&nbsp;! C\u2019est pareil, l\u2019\u00c9tat ne fait rien pour nous<\/em>&nbsp;\u00bb.\nLe pouvoir encourage la formation de cette galaxie de groupes\nvigilants, qui s\u2019officialisent rapidement pour, notamment, rendre\nla justice, s\u00e9curiser des biens, etc. \n<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-medium is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"743\" src=\"http:\/\/noria-research.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/burkina_final_FR_sans_titre-1000x743.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21796\" style=\"width:1000px;height:743px\" srcset=\"https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/burkina_final_FR_sans_titre-1000x743.jpg 1000w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/burkina_final_FR_sans_titre-1920x1427.jpg 1920w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/burkina_final_FR_sans_titre-500x372.jpg 500w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/burkina_final_FR_sans_titre-768x571.jpg 768w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/burkina_final_FR_sans_titre-1536x1142.jpg 1536w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/burkina_final_FR_sans_titre-2048x1522.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>\nSi les\ngroupes d\u2019autod\u00e9fense ont ainsi pu contribuer \u00e0 une certaine\nstabilisation de la zone, ils n\u2019ont cependant pas pu faire face \u00e0\nl\u2019implantation et \u00e0 la concurrence de groupes arm\u00e9s mieux \u00e9quip\u00e9s\net entra\u00een\u00e9s, dans un contexte o\u00f9 l\u2019\u00c9tat ne pouvait pas\nr\u00e9pondre aux incursions des groupes djihadistes. \u00c0 partir de 2018,\nles attaques ont en effet prolif\u00e9r\u00e9 dans la r\u00e9gion, laissant les\ngroupes d\u2019autod\u00e9fense impuissants. \u00ab&nbsp;<em>Deux\nde nos membres ont \u00e9t\u00e9 \u00e9gorg\u00e9s pendant une op\u00e9ration avec\nl\u2019arm\u00e9e, on ne peut pas lutter, on n\u2019a pas d\u2019armes de\nguerre<\/em>&nbsp;\u00bb,\nse plaint un responsable Koglweogo. \n<\/p>\n\n\n\n<p>\nDe tels\n\u00e9v\u00e9nements ont grandement particip\u00e9 \u00e0 d\u00e9mobiliser les Koglweogo\nde la zone, ou les ont incit\u00e9s \u00e0 conclure des pactes locaux de\nnon-agression avec les djihadistes. Le maire d\u2019une commune de l\u2019Est\nexplique ainsi&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;les\ndjihadistes sont venus voir les Koglweogo, ils leur ont dit qu\u2019ils\nfaisaient le m\u00eame travail, pour aider la population et qu\u2019il\nn\u2019avaient pas de probl\u00e8me avec eux tant qu\u2019ils n\u2019aidaient pas\nl\u2019\u00c9tat&nbsp;\u00bb. <\/em>Il\nappara\u00eet aussi que des anciens Koglweogo auraient rejoint les\ngroupes djihadistes ou collaboreraient r\u00e9guli\u00e8rement avec eux. \n<\/p>\n\n\n\n<p>\nQue ce soit au travers des\nactivit\u00e9s de banditisme, d\u2019engagement dans des groupes\nd\u2019autod\u00e9fense ou dans des groupes djihadistes, on observe une\ndiffusion et une banalisation du m\u00e9tier des armes dans la r\u00e9gion.\nLa circulation entre ces diff\u00e9rentes formations suit des logiques\nd\u2019opportunit\u00e9\nau gr\u00e9 des r\u00e9seaux familiaux, des relations amicales ou de\nl\u2019ouverture de nouveaux circuits commerciaux. Cette porosit\u00e9\nmontre que l\u2019exercice et la ma\u00eetrise de la violence sont d\u2019abord\net avant tout une ressource politique dans un contexte social et\n\u00e9conomique sinistr\u00e9. En retour, les hommes acqui\u00e8rent des\ncomp\u00e9tences et un r\u00e9seau social qui vont participer d\u2019une\nrestructuration de la soci\u00e9t\u00e9, dans une dynamique o\u00f9 la violence\ndevient la principale ressource politique. L\u2019ascension sociale des\nporteurs d\u2019armes rend tout retour en arri\u00e8re difficile.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"is-style-large\"> &#8220;Un individu peut tout \u00e0 fait exercer des activit\u00e9s de trafic, \u00eatre agriculteur et participer \u00e0 des actions avec un groupe djihadiste&#8221;<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9mergence d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration qui se r\u00e9fugie dans les m\u00e9tiers des armes r\u00e9pond \u00e0 un gouvernement \u00ab&nbsp;par la violence&nbsp;\u00bb de cette r\u00e9gion par une multitude d\u2019acteurs. D\u00e9cri\u00e9 pour son absence ou la corruption de ses agents, l\u2019\u00c9tat central n\u2019est pr\u00e9sent qu\u2019au travers de ses forces de s\u00e9curit\u00e9 tenues responsables de nombreuses exactions contre les populations civiles. Groupes criminels, d\u2019autod\u00e9fense ou djihadistes sont autant d\u2019institutions durablement implant\u00e9es dans l\u2019Est du pays dont le principal mode d\u2019interaction avec la population reste la coercition ou la menace.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\nDans un\ncontexte d\u2019instabilit\u00e9 et d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, ces d\u00e9positaires de\nla violence deviennent des r\u00e9f\u00e9rents locaux plus importants que les\nrepr\u00e9sentants de l\u2019\u00c9tat. Le peu de perspectives futures,\nnotamment pour les jeunes g\u00e9n\u00e9rations, pousse de nombreux individus\n\u00e0 coupler le m\u00e9tier des armes \u00e0 une \u00e9conomie de la d\u00e9brouille.\nCe m\u00e9tier des armes est pratiqu\u00e9 par beaucoup comme un travail\nsaisonnier et un\nindividu peut tout \u00e0 fait exercer des activit\u00e9s de trafic, \u00eatre\nagriculteur et participer \u00e0 des actions avec un groupe djihadiste.\nCes dynamiques s\u2019ajoutent aussi au fait que des jeunes ayant \u00e9migr\u00e9\npour des raisons \u00e9conomiques se sont retrouv\u00e9s dans des zones de\nconflit au Mali et au Niger. Certains d\u2019entre eux ont int\u00e9gr\u00e9 des\ngroupes arm\u00e9s et reviennent ensuite dans leur r\u00e9gion d\u2019origine.\nSur fond de prolif\u00e9ration des armes et d\u2019activit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 leur\nusage, la mobilit\u00e9 sociale et la fluidit\u00e9 des identit\u00e9s\ncompliquent l\u2019appr\u00e9hension de l\u2019\u00e9mergence du djihadisme dans\nl\u2019Est du Burkina Faso.<\/p>\n\n\n\n<p>\nL\u2019apparition\ndu ph\u00e9nom\u00e8ne djihadiste ne constitue pas une nouveaut\u00e9 par son\nrecours aux armes. Mais, en s\u2019en prenant directement \u00e0 l\u2019\u00c9tat\net ses symboles, celui-ci offre une rupture avec l\u2019ordre social de\nla violence qui pr\u00e9valait jusqu\u2019alors, dont l\u2019usage se limitait\nau contr\u00f4le des activit\u00e9s criminelles et du territoire, parfois en\nlien avec les forces \u00e9tatiques. La convergence entre usage\ndjihadiste de la violence et revendications d\u2019une population qui se\nvit comme marginalis\u00e9e par le pouvoir central permet d\u2019appr\u00e9hender\nson enracinement au Burkina.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\n<strong>\u00ab&nbsp;\n<\/strong><em><strong>Ce\nsont nos fils et nos fr\u00e8res qui nous tuent&nbsp;\u00bb&nbsp;:\n<\/strong><\/em><strong>l\u2019implantation\ndes groupes arm\u00e9s se revendiquant du djihad<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>\nLes\ndiff\u00e9rentes op\u00e9rations dites de ratissage conduites par les arm\u00e9es\nmalienne, burkinab\u00e8, nig\u00e9rienne et fran\u00e7aise ont incit\u00e9 certains\ngroupes arm\u00e9s djihadistes \u00e0 quitter la bande sah\u00e9lienne pour se\nr\u00e9fugier dans des zones o\u00f9 la pression militaire \u00e9tait moindre.\nAvec ses grandes for\u00eats difficiles d\u2019acc\u00e8s,&nbsp; la r\u00e9gion de\nl\u2019Est du Burkina Faso constitue un sanctuaire strat\u00e9gique pour ces\ncombattants.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"is-style-large\">  &#8220;Les groupes arm\u00e9s se sont ensuite attel\u00e9s \u00e0 faire dispara\u00eetre les signes qu\u2019ils associent \u00e0 des repr\u00e9sentants de l\u2019\u00c9tat&#8221;<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>\nLa pr\u00e9sence\nde ces groupes insurg\u00e9s d\u00e9but 2018 s\u2019accompagne du d\u00e9ploiement\nd\u2019actions de gu\u00e9rilla visant \u00e0 harceler les forces de s\u00e9curit\u00e9,\nen s\u2019en prenant aux patrouilles ou aux postes de s\u00e9curit\u00e9\navanc\u00e9s. Cette tactique a forc\u00e9 le cantonnement des militaires et\ndes policiers, qui ne sortent d\u00e9sormais que peu de leurs camps.\n\u00ab&nbsp;<em>Les\nmilitaires n\u2019osent plus patrouiller en brousse ou en for\u00eat de peur\nde sauter sur une mine, il y a m\u00eame un poste de douane gard\u00e9 par\nles Koglweogo la nuit car ils ne veulent plus y rester&nbsp;<\/em>\u00bb,\nconfie un responsable s\u00e9curitaire local. De cette \u00e9poque, les\ngroupes arm\u00e9s ont gard\u00e9 l\u2019habitude de maintenir le flou autour de\nleur identit\u00e9 et ne revendiquent pas leurs attaques.<\/p>\n\n\n\n<p>\nApr\u00e8s\navoir fait reculer les forces de s\u00e9curit\u00e9 loin du monde rural, les\ngroupes arm\u00e9s se sont ensuite attel\u00e9s \u00e0 faire dispara\u00eetre les\nsignes qu\u2019ils associent \u00e0 des repr\u00e9sentants de l\u2019\u00c9tat, en\nmena\u00e7ant les agents des Eaux et For\u00eats, les enseignants ou encore\nles ex\u00e9cutifs locaux. Un \u00e9lu raconte qu\u2019\u00ab&nbsp;<em>ils\narrivent dans les mosqu\u00e9es \u00e0 la fin des pr\u00eaches pour nous donner\ndes consignes, ils menacent les enseignants de l\u2019\u00e9cole, on les\nvoit se promener en moto avec leurs Kalachnikov, les gens ont peur&nbsp;<\/em>\u00bb.\nCette strat\u00e9gie a provoqu\u00e9 la fuite de certains administrateurs des\nautorit\u00e9s communales, d\u2019enseignants, de personnels de sant\u00e9 ainsi\nque la fermeture de nombreuses \u00e9coles, alimentant d\u2019autant plus le\nsentiment d\u2019abandon des populations.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\nL\u2019absorption\ndu discours contestataire par les djihadistes et leur inscription\nsociale leur a permis de recruter des combattants locaux. Au sein de\nleurs groupes, on retrouve des repr\u00e9sentants de toutes les\ncommunaut\u00e9s de la zone (Peul, Gourmantche et Mossi) ainsi que\nquelques \u00e9trangers, venus des pays voisins. Gr\u00e2ce \u00e0 leur\nrecrutement local, \u00e0 l\u2019int\u00e9gration de certains bandits et\nd\u2019anciens Koglweogo, ou \u00e0 des pactes de non-agression conclus avec\nces derniers, les groupes ont \u00e9galement d\u00e9velopp\u00e9 une connaissance\nfine de la population au sein de laquelle ils vivent. Cet atout est\ncrucial pour la conduite d\u2019attaques contre les forces de s\u00e9curit\u00e9\net d\u2019assassinats cibl\u00e9s contre les civils qui s\u2019opposent \u00e0 eux\nou qui sont soup\u00e7onn\u00e9s de collusion avec l\u2019\u00c9tat. \u00ab <em>Ce\nsont nos fils et nos fr\u00e8res qui nous tuent. Tout le monde a peur,\nles gens qui collaborent se font \u00e9gorger, ils nous ont menac\u00e9s\ndirectement, moi je ne peux plus rentrer dans ma commune <\/em>\u00bb\nd\u00e9plore un maire de l\u2019Est du pays r\u00e9fugi\u00e9 d\u00e9sormais \u00e0 Fada\nN\u2019Gourma<em>.<\/em>&nbsp;\n\n<\/p>\n\n\n\n<p> La composition de ces groupes arm\u00e9s souligne leur adaptation aux r\u00e9alit\u00e9s locales. Dans la r\u00e9gion Pama, frontali\u00e8re du B\u00e9nin, on retrouve par exemple de jeunes immigr\u00e9s burkinab\u00e8 revenus du Mali ou du Niger avec des pratiques religieuses rigoristes, proches d\u2019Ansarul Islam et de la Katiba Macina<sup data-fn=\"noria-30821\" class=\"fn\"><a id=\"noria-30821-link\" href=\"#noria-30821\">10<\/a><\/sup> . Les \u00e9leveurs, communaut\u00e9s transhumantes qui sillonnent le Soum (r\u00e9gion du Nord), fournissent un second type de combattants. Leur rapprochement avec les groupes djihadistes a \u00e9t\u00e9 facilit\u00e9 par la r\u00e9duction des zones de p\u00e2turages et leur entr\u00e9e en conflit avec les autorit\u00e9s \u00e9tatiques ou les communaut\u00e9s s\u00e9dentaires.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"is-style-large\"> &#8220;Les premi\u00e8res mesures instaur\u00e9es par les djihadistes ont consist\u00e9 \u00e0 rouvrir les zones de chasse et de p\u00eache pour les habitants&#8221;<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>\nDans la\nzone de Gayeri (pr\u00e8s du Niger), les groupes seraient quant \u00e0 eux\naffili\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00c9tat islamique au Grand Sahara, form\u00e9s de locaux\net d\u2019\u00e9trangers ayant eux aussi combattu au Mali. C\u2019est ce\ndernier groupe qui a eu la strat\u00e9gie de conqu\u00eate la plus offensive,\nfaisant du pros\u00e9lytisme dans les villages et br\u00fblant les \u00e9coles\npubliques. Les groupes assurent \u00e9galement une protection aux\ncommunaut\u00e9s peules transhumantes vis\u00e9es par les repr\u00e9sailles des\nforces de s\u00e9curit\u00e9 burkinab\u00e8 qui les accusent de soutenir les\ndjihadistes.<\/p>\n\n\n\n<p> Les groupes arm\u00e9s ont su aussi habilement se saisir des revendications et des particularismes locaux pour&nbsp;s\u2019implanter. Pour gagner l\u2019approbation des populations dans l\u2019Est, les premi\u00e8res mesures instaur\u00e9es par les djihadistes ont consist\u00e9 \u00e0 rouvrir les zones de chasse et de p\u00eache pour les habitants. Ces acteurs arm\u00e9s offrent une protection aux individus menac\u00e9s par l\u2019\u00c9tat pour leurs activit\u00e9s informelles, que ce soit l\u2019orpaillage, le braconnage ou le trafic transfrontalier. <\/p>\n\n\n\n<p>Les groupes arm\u00e9s se sont greff\u00e9s au tissu \u00e9conomique et pr\u00e9l\u00e8vent des taxes qui leur permettent de se fournir en armes, munitions et vivres en promettant de garder \u00e0 distance les agents de l\u2019\u00c9tat (policiers, gendarmes, militaires, douaniers, ou agents des Eaux et For\u00eats). De m\u00eame, ils prot\u00e8gent les communaut\u00e9s des pratiques pr\u00e9datrices de ces derniers, comme dans le cas des conflits entre \u00e9leveurs et fonctionnaires de l\u2019Agence des Eaux et For\u00eats accus\u00e9s d\u2019abus. Ce sont ces agents qui ont \u00e9t\u00e9 vis\u00e9s par les premi\u00e8res vagues d\u2019assassinats ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 les attaques de plus grande envergure.<\/p>\n\n\n\n<p>\nSur un site\nd\u2019orpaillage, le maire d\u2019une commune proche de la fronti\u00e8re\nb\u00e9ninoise raconte que les djihadistes \u00ab&nbsp;<em>se\nsont entendus avec les orpailleurs, qui se battaient contre les\ngendarmes et les agents des Eaux et For\u00eats, venus&nbsp;les d\u00e9loger\nou les racketter. Maintenant, ils contr\u00f4lent les sites, taxent la\nproduction&nbsp;et les autorit\u00e9s n\u2019osent plus s\u2019approcher <\/em>\u00bb.\nLe contr\u00f4le des sites d\u2019orpaillage serait ainsi devenu une\nactivit\u00e9 particuli\u00e8rement r\u00e9mun\u00e9ratrice pour ces combattants et\ncette production en pleine croissance s\u2019\u00e9coule facilement par les\npays de la fa\u00e7ade maritime (B\u00e9nin, et surtout Togo). Les revenus\nissus des taxes aurif\u00e8res permettent l\u2019achat d\u2019armes dans les\npays voisins du Sud, en profitant des r\u00e9seaux de trafic\npr\u00e9existants.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-medium is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"665\" src=\"http:\/\/noria-research.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-mine-dor-1000x665.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21791\" style=\"width:1000px;height:665px\" srcset=\"https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-mine-dor-1000x665.jpg 1000w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-mine-dor-1920x1277.jpg 1920w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-mine-dor-500x332.jpg 500w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-mine-dor-768x511.jpg 768w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-mine-dor-1536x1021.jpg 1536w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Photo-mine-dor-2048x1362.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>\nL\u2019int\u00e9gration\ndans un groupe arm\u00e9 est aussi per\u00e7ue comme un facteur d\u2019ascension\nsociale pour des jeunes en mal de reconnaissance. Le prestige li\u00e9 au\nport des armes, les r\u00e9tributions symboliques auxquelles ils peuvent\nacc\u00e9der ou encore la possibilit\u00e9 de trouver un cadre id\u00e9ologique\npourvoyeur de sens constituent des ressources qui leur deviennent\naccessibles dans ce contexte. \u00ab&nbsp;<em>Les\njeunes d\u00e9s\u0153uvr\u00e9s de mon village, je les vois regarder des vid\u00e9os\nde propagande sur leurs t\u00e9l\u00e9phones, ils ont envie d\u2019autre\nchose<\/em>&nbsp;\u00bb,\nreconna\u00eet un \u00e9lu local. L\u2019ascension sociale se double d\u2019une\nam\u00e9lioration des conditions de vie mat\u00e9rielle, puisque les groupes\narm\u00e9s r\u00e9mun\u00e8rent leurs combattants.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\n<strong>Conclusion&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>\nLes premi\u00e8res actions men\u00e9es\npar l\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 n\u2019ont pas enray\u00e9 la propagation des\nviolences et les actions des groupes djihadistes. Elles ne semblent\npas non plus redonner confiance \u00e0 des populations craignant tout\nautant les exactions de l\u2019arm\u00e9e que celles des djihadistes. Ces\nconcurrences dans l\u2019exercice de la violence montrent que la simple\nr\u00e9ponse arm\u00e9e ne permettra pas de revenir \u00e0 un apaisement des\ntensions, m\u00eame relatif, ou \u00e0 enrayer les dynamiques d\u2019implantation\nde\ngroupes djihadistes, qui se sont greff\u00e9s sur une situation\nsocio-\u00e9conomique critique et un h\u00e9ritage violent. Face\n\u00e0 ce terreau insurrectionnel en d\u00e9veloppement et dans une dynamique\nr\u00e9gionale s\u00e9curitaire inqui\u00e9tante, l\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 semble\navoir choisi une option avant tout militaire dans la zone de l\u2019Est.\nSi les ratissages militaires ont pu amener \u00e0 la \u00ab&nbsp;neutralisation&nbsp;\u00bb\nd\u2019hommes en armes, ils ne peuvent, sur le long terme, faire figure\nde solution. \n<\/p>\n\n\n\n<p>\nL\u2019apparition d\u2019un r\u00e9pertoire\nreligieux associ\u00e9 au djihad doit \u00eatre contextualis\u00e9e dans ses\ndynamiques locales&nbsp;: les groupes arm\u00e9s ont su s\u2019ins\u00e9rer dans\nles tissus \u00e9conomiques et sociaux de la r\u00e9gion, profitant de\ncirconstances et d\u2019une g\u00e9ographie favorables. Les racines des\ncontestations arm\u00e9es et de l\u2019attraction exerc\u00e9e par ces groupes\nse trouvent avant tout dans l\u2019abandon, la d\u00e9possession et la\nmarginalisation ressentis par les populations. Celles-ci sont\nconfront\u00e9es \u00e0 une lutte \u00e9conomique pour les ressources naturelles\ndans laquelle elles se trouvent d\u00e9favoris\u00e9es par des forces\n\u00ab&nbsp;\u00e9trang\u00e8res&nbsp;\u00bb,&nbsp;incarn\u00e9es par les grandes\ncompagnies mini\u00e8res, les parcs naturels priv\u00e9s, les agents de\nl\u2019\u00c9tat, ou encore l\u2019immigration interne.&nbsp; \n<\/p>\n\n\n\n<p>\nL\u2019Est\ndu Burkina est enfin symptomatique des dynamiques de recomposition\ndes \u00c9tats en cours au Sahel car les institutions apparaissent de\nplus en plus recroquevill\u00e9s dans les zones urbaines et\np\u00e9ri-urbaines. Face \u00e0 la mont\u00e9e des violences, les capitales et\nles villes moyennes (ici Ouagadougou et Fada N\u2019Gourma) deviennent\ndes zones de repli pour les administrations, les ex\u00e9cutifs\npolitiques, les forces de s\u00e9curit\u00e9 et les services de l\u2019\u00c9tat.\nPass\u00e9 les postes de contr\u00f4le de ces zones, les territoires ruraux\ndevenus inaccessibles ou presque sont gouvern\u00e9s par la violence, que\nce soit par des acteurs que l\u2019\u00c9tat peut utiliser comme des\nsuppl\u00e9tifs ou par des groupes qui s\u2019opposent \u00e0 lui. \n<\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre fin 2018 et 2019, l\u2019explosion de la violence li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence de groupes djihadistes a secou\u00e9 l\u2019Est du Burkina Faso, jusqu\u2019alors relativement \u00e9pargn\u00e9 par ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n","protected":false},"author":66,"featured_media":18237,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_molongui_author":["user-66"],"footnotes":"[{\"content\":\"Selon l\u2019ONU, les violences ont fait plus de 700 morts depuis d\u00e9but 2015 et provoqu\u00e9 environ 500 000 d\u00e9plac\u00e9s internes et r\u00e9fugi\u00e9s.\",\"id\":\"noria-1826\"},{\"content\":\"Dans la nuit du 9 au 10 mai 2019, les forces sp\u00e9ciales fran\u00e7aises lib\u00e8rent quatre otages (deux Fran\u00e7ais, une Sud-Cor\u00e9enne et une Am\u00e9ricaine) kidnapp\u00e9s au B\u00e9nin et d\u00e9tenus au Burkina Faso. 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