{"id":531,"date":"2025-11-17T15:55:49","date_gmt":"2025-11-17T15:55:49","guid":{"rendered":"https:\/\/noria-research.com\/?p=32497"},"modified":"2026-02-08T16:15:27","modified_gmt":"2026-02-08T15:15:27","slug":"corona-vu-den-bas-ethnographie-des-vecus-quotidiens-de-la-pandemie-a-lest-du-cameroun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/noria-research.com\/africas\/fr\/corona-vu-den-bas-ethnographie-des-vecus-quotidiens-de-la-pandemie-a-lest-du-cameroun\/","title":{"rendered":"Corona vu d&#8217;en bas: Ethnographie des v\u00e9cus quotidiens de la pand\u00e9mie \u00e0 l\u2019Est du Cameroun"},"content":{"rendered":"\n<p>Le 17 mars 2020, soit onze jours apr\u00e8s la d\u00e9tection du premier cas de Covid-19 dans le pays, le gouvernement camerounais annonce une s\u00e9rie de mesures destin\u00e9es \u00e0 lutter contre la propagation de la pand\u00e9mie&nbsp;: fermeture des fronti\u00e8res, des \u00e9coles et des lieux de divertissement (bars, discoth\u00e8ques, etc.), interdiction des rassemblements, limitation des d\u00e9placements et, \u00e0 partir du 13 avril, port obligatoire du masque dans les lieux publics.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis, de nombreux travaux ont document\u00e9 les logiques politiques, \u00e9conomiques et sociales qui ont fa\u00e7onn\u00e9 la r\u00e9ponse camerounaise \u00e0 la Covid-19\u00a0: choix en mati\u00e8re de politique publique<a id=\"sdendnote1anc\" href=\"#sdendnote1sym\"><sup>1<\/sup><\/a>, critiques et scandales li\u00e9s \u00e0 la gestion de la pand\u00e9mie<a id=\"sdendnote2anc\" href=\"#sdendnote2sym\"><sup>2<\/sup><\/a>, effets socio-\u00e9conomiques<a id=\"sdendnote3anc\" href=\"#sdendnote3sym\"><sup>3<\/sup><\/a>, faibles taux de vaccination et scepticisme des populations vis-\u00e0-vis de la maladie<a id=\"sdendnote4anc\" href=\"#sdendnote4sym\"><sup>4<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce texte souhaite donner \u00e0 voir et \u00e0 entendre les v\u00e9cus de la pand\u00e9mie au prisme des pratiques quotidiennes \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les zones rurales de l\u2019Est-Cameroun. Arriv\u00e9e en f\u00e9vrier 2020 pour un deuxi\u00e8me terrain de recherche men\u00e9 dans le cadre d\u2019une th\u00e8se de doctorat, je me suis retrouv\u00e9e \u2013 sans l\u2019avoir anticip\u00e9 \u2013 \u00e0 documenter, au fil des mois, la fa\u00e7on dont la pand\u00e9mie a \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue, contourn\u00e9e, interpr\u00e9t\u00e9e par les populations locales camerounaises, les individus r\u00e9fugi\u00e9s de R\u00e9publique centrafricaine (RCA) voisine et le personnel des ONG et agences onusiennes charg\u00e9 de mener des op\u00e9rations d\u2019assistance internationale dans l\u2019arrondissement de Kette (d\u00e9partement de la Kadey). Il s\u2019est agi d\u2019observer leur quotidien et d\u2019\u00e9couter ce que ces personnes avaient \u00e0 en dire<a id=\"sdendnote5anc\" href=\"#sdendnote5sym\"><sup>5<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><span style=\"text-decoration: underline\">Figure 1. Localit\u00e9s et lieux d\u2019enqu\u00eate \u00e9voqu\u00e9s dans l\u2019article<\/span><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1089\" height=\"1407\" src=\"https:\/\/noria-research.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-1-bis.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-32499\" style=\"width:590px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-1-bis.png 1089w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-1-bis-774x1000.png 774w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-1-bis-387x500.png 387w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-1-bis-768x992.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1089px) 100vw, 1089px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Ce retour de terrain s\u2019appuie sur des observations ethnographiques, discussions informelles et extraits d\u2019entretien avec des populations locales et r\u00e9fugi\u00e9es, des responsables religieux et coutumiers, des personnels de l\u2019aide internationale. Il restitue des sc\u00e8nes fragmentaires : des croyances mises \u00e0 l\u2019\u00e9preuve, des normes sanitaires r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9es, des mobilit\u00e9s contraintes, des ruses discr\u00e8tes, des formes d\u2019aide \u00e0 la fois omnipr\u00e9sentes et d\u00e9cevantes. Il donne \u00e0 voir une s\u00e9rie de d\u00e9calages&nbsp;: entre les mots d\u2019ordre internationaux et les contraintes locales, entre les dispositifs d\u2019aide et les logiques de survie, entre les cat\u00e9gories d\u2019intervention et les strat\u00e9gies d\u2019adaptation. La pand\u00e9mie se trouve ainsi reclass\u00e9e dans des hi\u00e9rarchies locales o\u00f9 la faim, le paludisme, l\u2019\u00e9cole ferm\u00e9e ou les \u00e9tals vides du march\u00e9 occupent parfois une place plus centrale que le virus lui-m\u00eame. L\u2019objectif est de rendre compte depuis les marges de ce que la crise sanitaire a produit, d\u00e9plac\u00e9, impos\u00e9 ou rendu visible.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote has-text-align-left has-background has-small-font-size\" style=\"border-width:1px;background-color:#c4c4c43d\"><blockquote><p><em><u>Note concernant le choix des illustrations<\/u><\/em><br><br>Pour illustrer cet article, j\u2019ai fait le choix de recourir \u00e0 des images stylis\u00e9es plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 des clich\u00e9s directement pris sur le terrain, pour deux raisons. Tout d&#8217;abord certaines de ces photographies, par leur esth\u00e9tique et leur composition, \u00e9voquent \u00e9troitement celles utilis\u00e9es lors des campagnes de communication des structures de l\u2019aide internationale. Ensuite, ce choix r\u00e9pond \u00e0 une exigence \u00e9thique\u00a0: en lien avec les enjeux d\u2019anonymisation et les d\u00e9bats autour de la notion de \u00ab consentement \u00e9clair\u00e9 \u00bb<a href=\"#sdendnote6sym\"><sup>6<\/sup><\/a>, l\u2019usage de photographies pose la question du maintien de l&#8217;anonymat des individus qui apparaissent sur les images.<br>Les croquis pr\u00e9sent\u00e9s ont donc \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 partir de photographies de terrain retravaill\u00e9es sous forme graphique (filtrage, traitement IA)<a href=\"#sdendnote7sym\"><sup>7<\/sup><\/a>. Ils permettent de restituer visuellement certaines observations tout en pr\u00e9servant l&#8217;int\u00e9grit\u00e9 des personnes impliqu\u00e9es et en \u00e9vitant toute connotation institutionnelle pr\u00e9judiciable.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab&nbsp;Qu&#8217;on me dise si cette maladie est r\u00e9elle&nbsp;\u00bb&nbsp;: doute, m\u00e9fiance et n\u00e9gociation du sens de la pand\u00e9mie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Le virus comme soup\u00e7on<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Si peu de cas de Covid-19 sont enregistr\u00e9s \u00e0 l\u2019Est-Cameroun, le virus, lui, circule dans les discours, les rumeurs, les pr\u00eaches, mais fait rarement l\u2019objet de r\u00e9cits d\u2019exp\u00e9rience directe. Aucun mort \u00ab confirm\u00e9 \u00bb, peu de personnes malades identifi\u00e9es et des injonctions sanitaires venues d\u2019en haut, souvent mal comprises, mal traduites, ou mal re\u00e7ues.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, ce qui s\u2019impose d\u2019abord n\u2019est pas la peur du virus mais le doute : sur son existence, sur sa dangerosit\u00e9, sur les intentions de ceux et celles qui en parlent. Comme l\u2019explique un chef coutumier de la zone&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>D\u2019abord, il y a un doute, un gros doute concernant l\u2019existence de cette pand\u00e9mie [ou m\u00eame] du coronavirus. [\u2026] Les gens doutent, ils ne sont pas s\u00fbrs\u00a0: est-ce que ce virus existe ? Pour eux, c\u2019est une invention, c\u2019est une cr\u00e9ation pour des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de certains lobbys, peut-\u00eatre m\u00eame du gouvernement, pour gagner de l\u2019argent.<a id=\"sdendnote8anc\" href=\"#sdendnote8sym\"><sup>8<\/sup><\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ce scepticisme s\u2019ancre dans une continuit\u00e9 historique forte, allant de la m\u00e9moire traumatique de la m\u00e9decine coloniale<a id=\"sdendnote9anc\" href=\"#sdendnote9sym\"><sup>9<\/sup><\/a> \u00e0 la m\u00e9fiance sanitaire suscit\u00e9e par certaines campagnes de lutte contre des maladies comme la variole ou le paludisme, aux protocoles coercitifs ou mal compris<a id=\"sdendnote10anc\" href=\"#sdendnote10sym\"><sup>10<\/sup><\/a>. Au quotidien, le doute est aussi nourri par plusieurs facteurs : l\u2019absence de cas visibles, la m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis des discours officiels, la discontinuit\u00e9 entre les alertes sanitaires et la r\u00e9alit\u00e9 per\u00e7ue. Le virus, en l\u2019absence de morts ou de sympt\u00f4mes spectaculaires, demeure une r\u00e9alit\u00e9 difficile \u00e0 saisir. Les premiers d\u00e9c\u00e8s attribu\u00e9s au Covid suscitent scepticisme voire col\u00e8re, comme l\u2019explique avec agacement un cultivateur de la zone de Kette\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Celui-l\u00e0, il \u00e9tait diab\u00e9tique depuis longtemps. Et maintenant, on vient dire que c\u2019est le corona qui l\u2019a tu\u00e9 ? Tout \u00e7a, ce sont des histoires\u00a0!<a id=\"sdendnote11anc\" href=\"#sdendnote11sym\"><sup>11<\/sup><\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cette col\u00e8re est redoubl\u00e9e par les pratiques corruptives que suscitent certaines dispositions visant \u00e0 pr\u00e9venir et lutter contre la pand\u00e9mie. On raconte que les h\u00f4pitaux, arguant de mesures sanitaires qui visent \u00e0 emp\u00eacher toute contamination, refusent de restituer les corps des personnes dont la mort est attribu\u00e9e \u00e0 la Covid-19, \u00e0 moins que la famille ne verse \u00ab\u00a0quelque chose\u00a0\u00bb. A l\u2019exception des individus dont la cause du d\u00e9c\u00e8s est difficilement discutable, par exemple des suites d\u2019un accident, \u00ab\u00a0Coronavirus\u00a0\u00bb devient le motif syst\u00e9matique indiqu\u00e9 sur les certificats\u00a0: la hausse du nombre de d\u00e9c\u00e8s attribu\u00e9s \u00e0 la pand\u00e9mie serait donc due non pas \u00e0 la dangerosit\u00e9 de la maladie, mais aux nouvelles possibilit\u00e9s de pr\u00e9l\u00e8vements qu\u2019elle offre. Que ces affirmations soient av\u00e9r\u00e9es ou non importe ici moins que leur circulation : elles r\u00e9v\u00e8lent un rapport conflictuel aux institutions sanitaires, o\u00f9 toute prescription peut \u00eatre soup\u00e7onn\u00e9e de masquer une transaction ou un int\u00e9r\u00eat cach\u00e9. Dans un contexte de faible couverture sanitaire et de m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis des autorit\u00e9s, les rumeurs jouent donc un r\u00f4le structurant. Elles traduisent une d\u00e9fiance ancienne envers l\u2019\u00c9tat et ses agents, d\u00e9pla\u00e7ant la maladie du registre m\u00e9dical vers celui du social et du politique<sup> <\/sup><a id=\"sdendnote12anc\" href=\"#sdendnote12sym\"><sup>12<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Deuil, doutes et discordes<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>La pand\u00e9mie, d\u2019embl\u00e9e, est per\u00e7ue comme une affaire de pouvoir&nbsp;: sanitaire, politique, \u00e9conomique. Cette perception renforce non seulement le scepticisme autour de l\u2019existence de la Covid-19, mais \u00e9galement un sentiment de col\u00e8re qui se cristallise et \u00e9clate par moments \u2013 comme l\u2019illustre, en mars 2021, \u00e0 Kette, la c\u00e9r\u00e9monie de deuil d\u2019un dignitaire local. Lorsqu\u2019un ancien d\u00e9put\u00e9 prend la parole pour attribuer ce d\u00e9c\u00e8s \u00e0 la Covid-19, il suscite la col\u00e8re de la famille et des personnes pr\u00e9sentes, de sorte qu\u2019il est oblig\u00e9 de quitter les lieux pour ne pas \u00eatre agress\u00e9. Ses propos provoquent une vague de m\u00e9fiance telle que l\u2019assembl\u00e9e exige l\u2019ouverture du cercueil, pour v\u00e9rifier que le corps du chef se trouve bien \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. L\u2019agitation g\u00e9n\u00e9rale oblige le sous-pr\u00e9fet \u00e0 demander l\u2019intervention de la Brigade d\u2019intervention rapide (BIR), stationn\u00e9e dans la r\u00e9gion pour lutter contre les incursions de groupes rebelles centrafricains. Ces forces sp\u00e9ciales s\u00e9curisent les lieux et, avec l\u2019appui du personnel de l\u2019h\u00f4pital de district, referment le cercueil, proc\u00e8dent \u00e0 l\u2019enterrement et recouvrent la tombe d\u2019une chape de b\u00e9ton pour s\u2019assurer qu\u2019on ne puisse venir la rouvrir.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce climat de doute, diff\u00e9rentes autorit\u00e9s entrent en concurrence. Le gouvernement camerounais d\u00e9cr\u00e8te une s\u00e9rie de mesures le 18 mars 2020&nbsp;: fermeture des \u00e9coles, port obligatoire du masque, restriction des d\u00e9placements, distanciation physique. Mais \u00e0 travers le pays, l\u2019application de ces directives et, surtout, leur perception sont in\u00e9gales. Les sous-pr\u00e9fectures, les forces de l\u2019ordre, les administrateurs des sites am\u00e9nag\u00e9s pour personnes r\u00e9fugi\u00e9es, les responsables d\u2019ONG&nbsp;: toutes et tous participent \u00e0 leur mise en \u0153uvre mais le font selon leur propre lecture, moyens et priorit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, les responsables religieux jouent un r\u00f4le d\u00e9cisif. Figures respect\u00e9es et \u00e9cout\u00e9es, \u00ab&nbsp;parce qu&#8217;ils sont nos guides et veillent \u00e0 notre s\u00e9curit\u00e9&nbsp;\u00bb explique un r\u00e9fugi\u00e9 centrafricain, imams et pr\u00eatres profitent de l\u2019espace offert par les pr\u00eaches pour rappeler les situations de pand\u00e9mie mentionn\u00e9es dans les textes saints et l\u2019importance, par exemple, de \u00ab&nbsp;ne pas sortir d\u2019une zone \u00e9pid\u00e9mique, ni y entrer \u00bb. Ce sont eux qui rendent acceptables un certain nombre de mesures prises par le gouvernement au niveau national et mal re\u00e7ues \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale. Par exemple, la fermeture des lieux de culte et l\u2019interdiction des rassemblements ne signifie pas l\u2019impossibilit\u00e9 de pratiquer sa religion&nbsp;: on rappelle que le Coran autorise \u00e0 prier chez soi ou \u00e0 ne pas se rendre \u00e0 la mosqu\u00e9e s\u2019il fait trop froid, si un orage se pr\u00e9pare, ou encore s\u2019il y a \u00ab&nbsp;trop de boue ou de difficult\u00e9s&nbsp;\u00bb. Pourtant, m\u00eame parmi ces figures respect\u00e9es, le doute est pr\u00e9sent&nbsp;: comme l\u2019explique l\u2019imam de la grande mosqu\u00e9e de Boubara, \u00ab&nbsp;je suis en train de respecter les gestes barri\u00e8res, je fais aussi les sensibilisations mais je me demande si effectivement cette maladie de Covid dont on parle existe&nbsp;?&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le discours m\u00e9dical, d\u00e8s lors qu\u2019il s\u2019\u00e9loigne de l\u2019exp\u00e9rience imm\u00e9diate, est v\u00e9cu comme une intrusion, voire une agression. En r\u00e9action et dans ce contexte, le doute n\u2019est pas une posture g\u00e9n\u00e9rale d\u2019indiff\u00e9rence mais devient une forme de r\u00e9sistance&nbsp;: refuser de croire au virus, c\u2019est refuser qu\u2019un discours venu d\u2019ailleurs vienne dicter ce qu\u2019on doit faire, cesser, ou craindre. C\u2019est une affaire d&#8217;exp\u00e9rience, de hi\u00e9rarchies d&#8217;autorit\u00e9, de survie au quotidien. Le doute n\u2019est pas une pathologie de la croyance, mais une strat\u00e9gie d&#8217;adaptation : face \u00e0 un discours m\u00e9dical ext\u00e9rieur, souvent mal ajust\u00e9 aux r\u00e9alit\u00e9s locales (comme illustr\u00e9 plus bas), il permet de maintenir des marges de man\u0153uvre. Le virus, pour beaucoup, est une r\u00e9alit\u00e9 secondaire \u2013 moins inqui\u00e9tante que la faim, le prix du transport, ou les pratiques de stigmatisation. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un d\u00e9ni mais d\u2019une relecture locale d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne global. Le doute, ici, est actif&nbsp;; il fait partie des outils de survie, en particulier dans des contextes marqu\u00e9s, comme on va le voir, par une forte pr\u00e9carit\u00e9 socio-\u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab&nbsp;On a subi&nbsp;\u00bb : pratiques de r\u00e9organisations \u00e9conomiques et sociales face \u00e0 la pand\u00e9mie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-right has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Le Covid-19 a \u00e9t\u00e9 une maladie car elle a entra\u00een\u00e9 une difficult\u00e9 au niveau de la ration alimentaire et au niveau du forage aussi.<\/p>\n<cite><em>R\u00e9fugi\u00e9e centrafricaine, cultivatrice<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-right has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Ce Covid-19 a [\u2026] entra\u00een\u00e9 des mis\u00e8res\u00a0: famines, soup\u00e7ons entre les personnes, difficult\u00e9s financi\u00e8res, arr\u00eat des \u00e9tudes, etc.<\/p>\n<cite><em>Enseignante camerounaise en centre pr\u00e9scolaire<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Le confinement comme luxe impossible<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Dans les discours officiels relay\u00e9s depuis Yaound\u00e9 ou par les antennes locales des ONGI, l\u2019injonction \u00e0 \u00ab rester chez soi \u00bb est largement diffus\u00e9e : \u00e9viter les contacts, fermer les march\u00e9s, limiter les d\u00e9placements non essentiels. Mais ces consignes se heurtent \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de villages dans lesquels beaucoup de maisons ne sont pas con\u00e7ues pour \u00eatre habit\u00e9es toute la journ\u00e9e, ou d\u2019abris de personnes r\u00e9fugi\u00e9es exigus et surpeupl\u00e9s. A cela s\u2019ajoute la pr\u00e9carit\u00e9 des moyens de subsistance d\u2019une part importante de la population. Comme l\u2019indique ce cultivateur centrafricain, r\u00e9fugi\u00e9 au Cameroun depuis plusieurs ann\u00e9es&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>On ne peut pas rester \u00e0 la maison sans [avoir de] quoi manger. Nous sommes oblig\u00e9s de sortir pour trouver de quoi nourrir la famille.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, ce dignitaire mbororo explique&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Dans notre contexte socio-\u00e9conomique actuel, c&#8217;est difficile de pouvoir imposer un confinement&nbsp;! La majorit\u00e9 des personnes vivent au jour le jour : si tu ne travailles pas aujourd&#8217;hui, tu ne manges pas. Ou bien tu n&#8217;auras pas de quoi manger le lendemain. [\u2026] Les gens mangent au jour le jour : ils gagnent le pain de la journ\u00e9e apr\u00e8s avoir travaill\u00e9. Ce n\u2019est pas tout le monde qui a un salaire, qui peut [\u2026] faire une planification mensuelle, par exemple, de ses [d\u00e9penses] ; c&#8217;est difficile. C&#8217;est le gain journalier&nbsp;: si tu ne travailles pas aujourd&#8217;hui, tu ne vas pas manger. \u00c7a, c&#8217;est clair. Donc dire \u00ab confinement, les gens ne sortent pas \u00bb : non, \u00e7a c&#8217;est impossible, \u00e7a ne peut pas marcher.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour une grande partie de la population, les injonctions sanitaires ne sont pas per\u00e7ues comme des mesures de sant\u00e9 publique, mais comme des exigences difficilement conciliables avec les r\u00e9alit\u00e9s de la survie quotidienne. Dans les campagnes de l\u2019Est-Cameroun, le confinement n\u2019est donc pas une option mais un luxe r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 celles et ceux qui peuvent se permettre d\u2019avoir des r\u00e9serves. Que ce soit dans les villages ou les sites de personnes r\u00e9fugi\u00e9es, les emplois salari\u00e9s sont rares et l\u2019\u00e9conomie majoritairement fond\u00e9e sur les revenus quotidiens issus des activit\u00e9s agricoles, de l\u2019orpaillage ou du petit commerce. Or ce dernier est confront\u00e9 \u00e0 d\u2019importantes difficult\u00e9s d\u2019approvisionnement du fait de la restriction des mouvements de personnes, de la fermeture officielle de la fronti\u00e8re avec la RCA et de la hausse des co\u00fbts de transport \u2013 passant de 2&nbsp;500 \u00e0 4&nbsp;000 XAF (environ 3,8 et 6\u20ac) pour se rendre de Kette \u00e0 Batouri, par exemple, dans un pays o\u00f9 le salaire minimum s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 pr\u00e8s de 36&nbsp;000 XAF (soit 55\u20ac).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Faire tenir le quotidien malgr\u00e9 tout<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Conscientes de ces r\u00e9alit\u00e9s, les autorit\u00e9s optent donc pour un \u00ab\u00a0confinement partiel\u00a0\u00bb<a id=\"sdendnote13anc\" href=\"#sdendnote13sym\"><sup>13<\/sup><\/a>\u00a0: les fronti\u00e8res du pays sont ferm\u00e9es, tout comme les \u00e9tablissements de formation et d\u2019enseignement\u00a0; les rassemblements et d\u00e9placements sont limit\u00e9s et un couvre-feu est instaur\u00e9. Dans les r\u00e9gions rurales de l\u2019Est, on laisse les gens sortir de chez eux pour aller par exemple travailler aux champs ou dans les \u00ab\u00a0chantiers d\u2019or\u00a0\u00bb (ces zones d\u2019orpaillage artisanal qui emploient une main-d\u2019\u0153uvre locale importante), mais on limite les rassemblements qui ponctuent d\u2019ordinaire la fin de journ\u00e9e. Outre la fermeture (officielle) des bars et autres lieux de sociabilit\u00e9, on interdit les activit\u00e9s qui s\u2019installent d\u2019habitude en bord de route\u00a0: caf\u00e9t\u00e9rias proposant du th\u00e9 ou des spaghettis aux \u0153ufs, vendeuses de poisson brais\u00e9, petits revendeurs, \u2026 Tous et toutes sont pri\u00e9es de fermer boutique plus t\u00f4t que d\u2019ordinaire, entre 18h et 22h suivant les endroits. Alors on essaie de s\u2019arranger, de \u00ab\u00a0se d\u00e9brouiller pour vendre en journ\u00e9e\u00a0\u00bb ses produits, comme l\u2019explique un boucher, et de faire ses achats plus t\u00f4t\u00a0\u2013 du moins, quand cela est possible et qu\u2019on en a les moyens.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains foyers doivent en effet attendre le retour de celles et ceux partis travailler pour savoir si, avec l\u2019argent gagn\u00e9 ce jour, on peut se permettre d\u2019aller acheter du p\u00e9trole, ou tel ingr\u00e9dient, parce qu&#8217;on ne dispose pas de budget permettant d\u2019anticiper les d\u00e9penses. Dans les familles qui travaillent dans les chantiers d&#8217;or, on ne rentre que dans l&#8217;apr\u00e8s-midi&nbsp;; il faut encore laver le minerai puis aller le revendre avant d\u2019avoir de quoi aller faire ses achats. La fermeture anticip\u00e9e des commerces oblige donc certains m\u00e9nages \u00e0 s\u2019endetter, ou \u00e0 vendre les quelques b\u00eates (poules, moutons, ch\u00e8vres) qu\u2019ils \u00e9l\u00e8vent. Face \u00e0 la hausse des prix, d\u2019autres optent pour \u00ab&nbsp;le ravitaillement champ\u00eatre&nbsp;\u00bb et vont en brousse chercher de quoi manger, quitte \u00e0 modifier leur r\u00e9gime alimentaire. Un cultivateur raconte avoir nourri sa famille gr\u00e2ce \u00e0 la p\u00eache, tandis qu\u2019un berger centrafricain, r\u00e9fugi\u00e9 au Cameroun depuis 2014, explique avoir \u00ab&nbsp;arr\u00eat\u00e9 mon m\u00e9tier pour encadrer ma famille [\u2026]. J&#8217;ai rassembl\u00e9 tous mes enfants \u00e0 la maison et [on est] all\u00e9s aux champs chercher des l\u00e9gumes&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre secteur en grande difficult\u00e9 concerne les personnes dont les revenus sont li\u00e9s au fonctionnement des \u00e9coles. A partir du mois de mars 2020 et jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire, les autorit\u00e9s d\u00e9cr\u00e8tent la fermeture de tous les \u00e9tablissements d\u2019enseignement et de formation professionnelle<a id=\"sdendnote14anc\" href=\"#sdendnote14sym\"><sup>14<\/sup><\/a>. Pour un certain nombre d\u2019individus, cela signifie la fin de leur activit\u00e9\u00a0: les moto-taximen qui assurent le ramassage scolaire matin et soir\u00a0; les femmes vendant des beignets ou autres repas dans des contextes o\u00f9 les cantines scolaires sont rares\u00a0; les boutiquiers du quartier, chez qui les enfants ne viennent plus s\u2019approvisionner en cahiers, stylos, craie ou \u00ab\u00a0pain charg\u00e9\u00a0\u00bb \u2013 des demi-baguette tartin\u00e9es de beurre ou de chocolat, d\u00e9gust\u00e9es sur le chemin ou \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p>Les march\u00e9s hebdomadaires continuent \u00e0 se tenir mais, tandis que les prix s\u2019envolent et qu\u2019un nombre croissant de produits manquent \u00e0 l\u2019appel, les autorit\u00e9s ordonnent aux personnes qui les fr\u00e9quentent de \u00ab&nbsp;respecter les gestes-barri\u00e8res&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire avant tout de porter un masque. Mais ce dernier \u00ab&nbsp;\u00e9touffe et chauffe les oreilles&nbsp;\u00bb, comme l\u2019explique un directeur d\u2019\u00e9cole primaire, alors on l\u2019arbore surtout autour du cou ou sous le menton afin de ne pas \u00eatre inqui\u00e9t\u00e9 en cas de contr\u00f4le. De nombreuses personnes n\u2019en portent pas&nbsp;: certaines arguent du co\u00fbt d\u2019acquisition (500 XAF), d\u2019autres balayent d\u2019un geste de la main une mesure qu\u2019elles estiment relever davantage de la \u00ab&nbsp;tracasserie&nbsp;\u00bb. Alors les quelques visites de la sous-pr\u00e9fecture, venue sur les march\u00e9s \u00ab&nbsp;contr\u00f4ler&nbsp;\u00bb le respect des mesures de pr\u00e9vention \u00e9dict\u00e9es par le gouvernement, s\u2019accompagnent de mouvements de \u00ab&nbsp;d\u00e9bandade&nbsp;\u00bb&nbsp;: dans un contexte camerounais marqu\u00e9 par des \u00ab&nbsp;routines autoritaires&nbsp;\u00bb<a href=\"#sdendnote15sym\" id=\"sdendnote15anc\"><sup>xv<\/sup><\/a>, il n\u2019est pas bon de ne pas respecter les consignes \u00e9dict\u00e9es par les autorit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Mesures sanitaires&nbsp;: (in)ad\u00e9quation, contournements et r\u00e9appropriations<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Gestes-barri\u00e8res et habitudes locales&nbsp;: se laver les mains<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Si nombre de personnes doutent du s\u00e9rieux ou m\u00eame de l\u2019existence de la pand\u00e9mie, cela ne signifie pas pour autant un rejet syst\u00e9matique de toutes les mesures-barri\u00e8res. L\u2019acceptabilit\u00e9 de ces derni\u00e8res est proportionnelle \u00e0 leur ad\u00e9quation aux r\u00e9alit\u00e9s et contextes dans lesquels elles se d\u00e9ploient. Ainsi, \u00e0 un confinement jug\u00e9 causer plus de probl\u00e8mes que de solutions s\u2019opposent des mesures plus accept\u00e9es, comme l\u2019explique ce m\u00eame dignitaire mbororo dans Kadey&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Mais malgr\u00e9 tous [les doutes sur l\u2019existence de la maladie], les gens faisaient quand m\u00eame attention et se lavaient [r\u00e9guli\u00e8rement] les mains, parce que \u00e7a ne demande pas un effort particulier : [avant m\u00eame la pand\u00e9mie] ils ont entendu [depuis longtemps] ce discours et ils savent que si on ne se lave pas les mains, on peut attraper des maladies. Eux-m\u00eames vont te dire&nbsp;: \u00ab&nbsp;se laver les mains, il n&#8217;y a pas de probl\u00e8me ; on le fait toujours \u00bb [\u2026]. Que ce soit \u00e0 Kette, dans mon quartier, ou m\u00eame ici \u00e0 Batouri, je l\u2019ai beaucoup entendu&nbsp;: \u00ab&nbsp;lavez les mains des enfants, vous avez entendu qu\u2019il y a cette maladie&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Se laver r\u00e9guli\u00e8rement les mains est une consigne d\u2019autant plus ais\u00e9e \u00e0 respecter qu\u2019elle vient renforcer certaines habitudes ant\u00e9rieures \u00e0 la pand\u00e9mie. Dans les foyers peuls, on utilise les boutas et le savon destin\u00e9 aux ablutions qui pr\u00e9c\u00e8dent la pri\u00e8re en Islam. Chez les Gbaya, il y a souvent un seau ou un gobelet avec lesquels toute la famille se rince les mains avant de partager le repas commun.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce geste apparemment simple r\u00e9v\u00e8le en creux des \u00e9carts de ressources, de genre et de logistique&nbsp;: se laver r\u00e9guli\u00e8rement les mains engage en r\u00e9alit\u00e9 toute une cha\u00eene de d\u00e9pendances mat\u00e9rielles et sociales. Cette habitude suppose en effet une plus grande consommation de biens dont la disponibilit\u00e9 n\u2019est pas toujours \u00e9vidente&nbsp;: de l\u2019eau et du savon. Ce dernier fait l\u2019objet de quelques distributions de la part d\u2019autorit\u00e9s locales ou d\u2019ONG, toutefois largement insuffisantes pour r\u00e9pondre aux besoins pos\u00e9s par les recommandations officielles en termes de gestes-barri\u00e8res. Dans certains quartiers, des \u00ab&nbsp;stations de lavage de mains&nbsp;\u00bb sont install\u00e9es&nbsp;: il s\u2019agit souvent d\u2019un seau avec un robinet, install\u00e9 \u00e0 hauteur humaine, avec du savon (cf. figure 2). Mais comme rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 en termes d\u2019entretien ou de r\u00e9approvisionnement, apr\u00e8s quelques jours, beaucoup de ces stations sont \u00e0 sec. D\u2019autres sont vandalis\u00e9es ou simplement n\u00e9glig\u00e9es. Dans de nombreux villages, le lien entre recommandations sanitaires et logistique quotidienne est absent des discours institutionnels.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><span style=\"text-decoration: underline\">Figure 2. Exemple de dispositif lave-mains install\u00e9 \u00e0 l\u2019Est-Cameroun (juillet 2020)<\/span><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/noria-research.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-32491\" style=\"width:434px\" srcset=\"https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-2.png 1024w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-2-1000x1000.png 1000w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-2-500x500.png 500w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-2-768x768.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Se laver les mains r\u00e9guli\u00e8rement suppose aussi une consommation accrue en eau, donc de se rendre plus r\u00e9guli\u00e8rement au \u00ab&nbsp;point d\u2019eau&nbsp;\u00bb ou au \u00ab&nbsp;forage&nbsp;\u00bb pour s\u2019y approvisionner. Cette t\u00e2che est le plus souvent d\u00e9volue aux femmes et aux jeunes filles, parfois avec l\u2019aide des enfants. On vient faire la queue avec ses r\u00e9cipients et, dans les attroupements qui se forment autour des points d\u2019eau, il est bien difficile de respecter les r\u00e8gles de distanciation physique. Cela est accru par les tensions qui \u00e9mergent parfois entre usag\u00e8res&nbsp;: \u00ab&nbsp;les femmes luttent&nbsp;\u00bb pour r\u00e9ussir \u00e0 s\u2019approvisionner,&nbsp;explique une habitante de Boubara&nbsp;; en raison du faible nombre de points d\u2019eau compar\u00e9s aux besoins, \u00ab&nbsp;on se bouscule pour avoir de l&#8217;eau&nbsp;\u00bb. Avec la pand\u00e9mie, pour r\u00e9duire les attroupements, seule une personne de la famille est autoris\u00e9e \u00e0 se rendre au forage&nbsp;: mais toute seule, on transporte moins d\u2019eau qu\u2019\u00e0 plusieurs, alors il faut multiplier les allers-retours \u2013 ou ne pas tenir compte de ces restrictions.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ONG envoient leurs membres mener des sensibilisations aux abords des points d\u2019eau&nbsp;; cependant, comme l\u2019explique une des personnes charg\u00e9es de ce travail&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>On a essay\u00e9, mais c&#8217;est difficile. Porter le masque \u00e0 tout moment, faire une file indienne, attendre son tour&#8230; C&#8217;est difficile. On a tout fait [en termes de sensibilisation et de promotion des gestes-barri\u00e8re], mais moi-m\u00eame \u00e0 leur place, je pense que je ne peux pas \u2013 pour dire la v\u00e9rit\u00e9. Je fais passer le discours que je dois faire passer, mais je sais qu&#8217;au fond, moi-m\u00eame je ne pourrais m\u00eame pas le faire&nbsp;! <em>(rire)<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans certains quartiers, un syst\u00e8me itin\u00e9rant de vente d\u2019eau se d\u00e9veloppe&nbsp;: des vendeurs ambulants sillonnent les rues avec un \u00ab&nbsp;pousse&nbsp;\u00bb sur lequel sont entass\u00e9s six \u00e0 dix bidons de 20&nbsp;litres, vendus 100 XAF l\u2019unit\u00e9. Mais profiter de ce service suppose des d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires, dont nombre de m\u00e9nages ne peuvent s\u2019acquitter.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Acc\u00e9der aux soins : trop cher, trop risqu\u00e9&nbsp;?<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>On l\u2019a dit, tous les gestes de pr\u00e9vention de la pand\u00e9mie ne rencontrent pas le m\u00eame niveau d\u2019acceptabilit\u00e9. Le port du masque, notamment, se heurte \u00e0 d\u2019autres obstacles : co\u00fbt, inconfort, effets indirects sur l\u2019acc\u00e8s aux soins. Avec la Covid-19, le \u00ab&nbsp;cache-nez&nbsp;\u00bb (comme on l\u2019appelle) devient obligatoire pour entrer dans les h\u00f4pitaux. Toutefois, malgr\u00e9 les distributions organis\u00e9es par les ONG ou certaines autorit\u00e9s, nombreux sont ceux et celles qui n\u2019en poss\u00e8dent pas. Son acquisition repr\u00e9sente une d\u00e9pense non n\u00e9gligeable pour des m\u00e9nages aux revenus d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9s&nbsp;: 500 XAF pi\u00e8ce, sachant qu\u2019il en faut un pour la personne malade et pour celui ou celle qui l\u2019accompagne. Dans certaines familles, cela devient une barri\u00e8re suffisante pour renoncer \u00e0 faire soigner son enfant, comme l\u2019explique ce dignitaire de la Kadey&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Quand un m\u00e9nage est submerg\u00e9 de probl\u00e8mes pour [r\u00e9ussir \u00e0] manger, se soigner, \u00e7a passe en seconde position [\u2026]. Tu vois, les gens ont du mal \u00e0 se soigner du paludisme, l&#8217;enfant chauffe [a de la fi\u00e8vre], il est l\u00e0 mais la maman ne peut pas l&#8217;amener [\u00e0 l&#8217;h\u00f4pital] parce qu&#8217;il n&#8217;y a pas l&#8217;argent, [alors] elle est oblig\u00e9e de lui faire boire des \u00e9corces, des choses comme \u00e7a&#8230; Et c\u2019est quand un enfant commence \u00e0 avoir des convulsions qu&#8217;on l&#8217;am\u00e8ne [\u2026] chez un gu\u00e9risseur : tant bien que mal, l&#8217;enfant s&#8217;en sort ; parfois, c&#8217;est le d\u00e9c\u00e8s qui s&#8217;en suit.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>D\u2019autres personnes refusent de se rendre dans les structures sanitaires par crainte de la contamination. Un berger centrafricain r\u00e9fugi\u00e9 au Cameroun raconte que c\u2019est lui d\u00e9sormais qui \u00ab&nbsp;accompagne [toute personne souffrante] \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital, car ma femme a trop peur de la maladie&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 des h\u00f4pitaux per\u00e7us non plus comme des espaces de soin mais comme des lieux de contamination \u00e9ventuelle, de nombreuses familles se tournent alors vers les tradipraticiens. Des d\u00e9coctions de feuilles de margousier (appel\u00e9 \u00ab\u00a0neem\u00a0\u00bb) aux infusions de gingembre et de citron, ces rem\u00e8des ne sont pas en opposition \u00e0 la m\u00e9decine dite moderne<a id=\"sdendnote16anc\" href=\"#sdendnote16sym\"><sup>16<\/sup><\/a>. Beaucoup de personnes pratiquent un va-et-vient entre les deux : tenter d\u2019abord les rem\u00e8des locaux, puis aller \u00e0 l\u2019h\u00f4pital si les sympt\u00f4mes persistent. Mais pendant la pand\u00e9mie, cette compl\u00e9mentarit\u00e9 est souvent interrompue par manque d\u2019argent, peur de la contamination ou, comme on va le voir, du confinement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Faire face aux reconfigurations de l\u2019aide internationale<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Les ONG t\u00e9l\u00e9travaillent et les r\u00e9fugi\u00e9s prennent le relai<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Lorsque survient la pand\u00e9mie, les ONG d\u2019appui aux populations r\u00e9fugi\u00e9es pr\u00e9sentes dans la zone modifient leurs activit\u00e9s et modalit\u00e9s d\u2019intervention. Puisque les \u00e9coles sont ferm\u00e9es, les rassemblements interdits et les mouvements limit\u00e9s, il n\u2019est plus possible d\u2019assurer un suivi de scolarit\u00e9, des cours de soutien ou divers ateliers de \u00ab&nbsp;sensibilisation&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;mobilisation communautaire&nbsp;\u00bb. Dans le m\u00eame temps, la plupart des structures ayant d\u00e9cid\u00e9 de confiner leur personnel, les all\u00e9es et venues des 4&#215;4 blancs estampill\u00e9s UNHCR, UNICEF, IMC ou ADES \u00e0 travers la r\u00e9gion diminuent consid\u00e9rablement.<\/p>\n\n\n\n<p>Seul le personnel en charge des activit\u00e9s dites \u00ab&nbsp;essentielles&nbsp;\u00bb continue \u00e0 sillonner la zone&nbsp;; les autres sont en \u00ab&nbsp;t\u00e9l\u00e9travail&nbsp;\u00bb, avec des acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 ou \u00e0 Internet parfois fluctuants. Puisqu\u2019ils et elles ne peuvent plus se rendre dans les zones d\u2019intervention, on leur demande pour impl\u00e9menter les projets de passer par des <em>proxis<\/em>&nbsp;: faire appel \u00e0 des \u00ab&nbsp;relais communautaires&nbsp;\u00bb qu\u2019on \u00e9quipe en masques, gel hydroalcoolique, forfait t\u00e9l\u00e9phonique, haut-parleurs, affiches et autres supports visuels afin de parcourir leur village ou leur quartier pour y diffuser gestes-barri\u00e8re et autres messages de pr\u00e9vention. Certains individus optent pour des baffles portatifs accroch\u00e9es \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de motos qui sillonnent la zone pour y mener des \u00ab&nbsp;caravanes de sensibilisation au Covid-19&nbsp;\u00bb (cf. figure 3).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><span style=\"text-decoration: underline\">Figure 3. \u00ab\u00a0Caravane de sensibilisation \u00e0 la Covid-19\u00a0\u00bb men\u00e9e dans l\u2019arrondissement de Kette (juillet 2020)<\/span><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/noria-research.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-32493\" style=\"width:434px\" srcset=\"https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-3.png 1024w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-3-1000x1000.png 1000w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-3-500x500.png 500w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-3-768x768.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Leur visibilit\u00e9 donne l\u2019impression d\u2019une aide internationale active, mobilis\u00e9e, engag\u00e9e. Mais dans les villages, deux sentiments dominent. Premi\u00e8rement, celui d\u2019une aide qui ne r\u00e9pond pas toujours aux besoins concrets. Si certaines personnes appr\u00e9cient la diffusion d\u2019informations sur la pand\u00e9mie, les quantit\u00e9s de masques et de savon distribu\u00e9es demeurent largement insuffisantes par rapport aux besoins.&nbsp;Surtout, apr\u00e8s plusieurs semaines, lassitude et frustration se d\u00e9veloppent devant \u00e0 l\u2019impression que la r\u00e9ponse \u00e0 la Covid-19 \u00e9clipse tout le reste, y compris les besoins essentiels. Confront\u00e9 \u00e0 des difficult\u00e9s d\u2019approvisionnement et aux imp\u00e9ratifs de confinement d\u2019une partie de son personnel, le Programme alimentaire mondial (PAM) suspend pendant plusieurs mois les distributions qu\u2019il assurait d\u2019ordinaire dans la zone. Quand j\u2019\u00e9change avec des habitantes du village frontalier de Gbiti en ao\u00fbt 2020, c\u2019est la premi\u00e8re chose qu\u2019elles mentionnent, expliquant ne pas comprendre pourquoi ces distributions de vivres ont cess\u00e9 au moment m\u00eame o\u00f9 la disponibilit\u00e9 des denr\u00e9es alimentaires sur les march\u00e9s diminuait et que leur prix s\u2019envolait. Quelques mois plus tard, en novembre, lors d\u2019une r\u00e9union de coordination des structures d\u2019aide internationale, un repr\u00e9sentant de l\u2019UNHCR explique que l\u2019agence onusienne \u00ab&nbsp;a achet\u00e9 de nombreux mat\u00e9riels m\u00e9dicaux, des respirateurs, etc. qui n\u2019ont pas servi. En revanche, une r\u00e9cente enqu\u00eate [men\u00e9e] aupr\u00e8s des [personnes] r\u00e9fugi\u00e9es sur l\u2019impact de la Covid-19 souligne que 93% ne sont plus capables de se prendre en charge et 73% ne peuvent plus se nourrir&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8mement, en conduisant elles-m\u00eames les t\u00e2ches d\u2019ordinaire r\u00e9serv\u00e9es au personnel des ONG, les personnes dites \u00ab&nbsp;b\u00e9n\u00e9ficiaires&nbsp;\u00bb prouvent leur capacit\u00e9 \u00e0 mettre en \u0153uvre ces op\u00e9rations d\u2019assistance directement. Comme l\u2019explique cet employ\u00e9 d\u2019ONG internationale&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>[Dans les mois qui ont suivi la pand\u00e9mie,] les r\u00e9fugi\u00e9s ont dit qu\u2019ils savaient faire les enregistrements, ou m\u00eame tout [le reste du travail d\u2019ordinaire confi\u00e9 aux ONG], et donc ils ne trouvent pas l\u2019importance que les acteurs humanitaires soient encore l\u00e0 pour leur montrer ce qu\u2019il faut faire. Dans tous les domaines, ils ont dit que [ces derniers] les induisaient m\u00eame en erreur, donc les r\u00e9fugi\u00e9s ont dit&nbsp;: \u00ab non, nous n\u2019avons pas besoin d\u2019un acteur pour nous montrer ce qu\u2019il faut faire \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne de sous-traitance directe de certaines structures d\u2019assistance internationale aux populations r\u00e9fugi\u00e9es offre \u00e0 ces derni\u00e8res l\u2019opportunit\u00e9 de reprendre la main sur les projets d\u2019aide d\u00e9ploy\u00e9s \u00e0 leur attention. Il est int\u00e9ressant de noter que ce qui avait \u00e9t\u00e9 justifi\u00e9 par l\u2019urgence sanitaire s\u2019inscrit progressivement dans une logique d\u2019optimisation budg\u00e9taire et de retrait partiel de l\u2019aide. Comme j\u2019ai pu le constater dans l\u2019ann\u00e9e qui a suivi la pand\u00e9mie, certaines de ces dynamiques vont en effet perdurer au-del\u00e0 de la lev\u00e9e des restrictions li\u00e9es \u00e0 la Covid-19&nbsp;: \u00e0 la faveur de restrictions budg\u00e9taires obligeant ONG internationales et agences onusiennes \u00e0 r\u00e9duire leur personnel, beaucoup vont continuer \u00e0 d\u00e9l\u00e9guer certaines t\u00e2ches \u2013 enregistrement des nouvelles arriv\u00e9es de personnes r\u00e9fugi\u00e9es, coordination quotidienne, gestion des points d\u2019eau, distributions \u2013 aux individus vis\u00e9s par leurs op\u00e9rations, parfois regroup\u00e9s en \u00ab&nbsp;comit\u00e9s&nbsp;\u00bb ou sous le vocable de \u00ab&nbsp;relais&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;mobilisateurs communautaires&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Confin\u00e9.es pour les autres : la vuln\u00e9rabilit\u00e9 invers\u00e9e<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Dans les sites am\u00e9nag\u00e9s, la mesure qui va avoir le plus d\u2019impact sur les personnes r\u00e9fugi\u00e9es \u2013 mais pas sur le plan sanitaire<a id=\"sdendnote17anc\" href=\"#sdendnote17sym\"><sup>17<\/sup><\/a> \u2013 est le confinement auquel ces derni\u00e8res sont soumises, l\u2019UNHCR leur annon\u00e7ant qu\u2019il est d\u00e9sormais interdit de sortir de l\u2019enceinte du camp. Cette disposition tranche avec l\u2019option privil\u00e9gi\u00e9e au m\u00eame moment \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale, \u00e0 savoir celle d\u2019un confinement partiel. Elle est justifi\u00e9e par un souci de prot\u00e9ger les personnes d\u00e9plac\u00e9es contre l&#8217;infection, mais aussi d\u2019\u00e9viter que ces derni\u00e8res ne contaminent les populations environnantes. La pand\u00e9mie vient donc renverser la notion de vuln\u00e9rabilit\u00e9 qui, au Cameroun comme dans de nombreux autres contextes, est centrale dans les op\u00e9rations d\u2019aide internationale<a id=\"sdendnote18anc\" href=\"#sdendnote18sym\"><sup>18<\/sup><\/a>. D\u00e9sormais, les \u00ab\u00a0vuln\u00e9rables\u00a0\u00bb ne sont plus les individus r\u00e9fugi\u00e9s vis\u00e9s par ces dispositifs d\u2019assistance mais les populations h\u00f4tes qu\u2019ils risqueraient de contaminer.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, dans un contexte, o\u00f9 la majorit\u00e9 des personnes r\u00e9fugi\u00e9es se rend quotidiennement hors des sites am\u00e9nag\u00e9s afin de mener des activit\u00e9s, les structures internationales, en appliquant un confinement strict, privent les individus de leurs moyens de subsistance. Cette d\u00e9cision intervient en outre au moment o\u00f9, on l\u2019a vu, la fermeture des fronti\u00e8res et les restrictions de mouvement suscitent ruptures d\u2019approvisionnement et hausse des prix. La d\u00e9gradation des conditions de vie provoqu\u00e9e par cette logique du \u00ab\u00a0confiner pour prot\u00e9ger\u00a0\u00bb participe ainsi d\u2019une \u00ab\u00a0violence structurelle\u00a0\u00bb semblable \u00e0 celle observ\u00e9e au moment des \u00e9pid\u00e9mie d\u2019Ebola, c&#8217;est-\u00e0-dire de la \u00ab\u00a0mani\u00e8re dont les institutions et les pratiques infligent des dommages \u00e9vitables en portantatteinte aux besoins humains fondamentaux\u00a0\u00bb<a id=\"sdendnote19anc\" href=\"#sdendnote19sym\"><sup>19<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, alors que le gouvernement camerounais annonce all\u00e9ger les mesures de pr\u00e9vention li\u00e9es \u00e0 la pand\u00e9mie le 30 avril 2020, au m\u00eame moment \u2013 et alors qu\u2019aucun cas de Covid-19 n\u2019y a encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9 \u2013 un syst\u00e8me de quarantaine voit le jour dans les sites am\u00e9nag\u00e9s. Le confinement des personnes r\u00e9fugi\u00e9es y est redoubl\u00e9 par la mise en place de constructions pr\u00e9fabriqu\u00e9es, destin\u00e9es \u00e0 servir de \u00ab&nbsp;centres d\u2019isolement&nbsp;\u00bb pour les personnes test\u00e9es positives \u00e0 la Covid-19 (cf. figure 4). Ces structures se composent d\u2019une entr\u00e9e \u00e0 sens unique menant d\u2019abord \u00e0 une \u00ab&nbsp;zone jaune&nbsp;\u00bb, o\u00f9 la personne pr\u00e9sentant des sympt\u00f4mes est test\u00e9e. Si elle est positive, elle est conduite pendant deux semaines en \u00ab&nbsp;zone rouge&nbsp;\u00bb, dans un espace d\u2019isolement o\u00f9 sa prise en charge m\u00e9dicale et alimentaire est assur\u00e9e par les structures d\u2019aide internationale. A l\u2019issue de cette quatorzaine, l\u2019individu est conduit en \u00ab&nbsp;zone verte&nbsp;\u00bb, o\u00f9 il est gard\u00e9 quelques jours en observation avant d\u2019\u00eatre autoris\u00e9 \u00e0 sortir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><span style=\"text-decoration: underline\">Figure 4. Centre d\u2019isolement construit par l\u2019UNHCR afin d\u2019accueillir les personnes test\u00e9es positives \u00e0 la Covid-19 (mai 2020)<\/span><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1536\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/noria-research.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-4.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-32494\" style=\"width:434px\" srcset=\"https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-4.png 1536w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-4-1000x667.png 1000w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-4-500x333.png 500w, https:\/\/noria-research.com\/africas\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-4-768x512.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1536px) 100vw, 1536px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Outre son utilit\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9duite (\u00e0 Timangolo, seules sept personnes y seront intern\u00e9es), ces centres d\u2019isolement rencontrent de vives oppositions de la part de la population r\u00e9fugi\u00e9e. Beaucoup d\u2019individus refusent de s\u2019y rendre, par crainte d\u2019\u00eatre stigmatis\u00e9s ou parce qu\u2019ils pr\u00e9f\u00e9raient se confiner chez eux. D\u2019autres se fient aux r\u00e9cits de celles et ceux qui y ont s\u00e9journ\u00e9, \u00e9voquant des portions alimentaires insuffisantes, ou regrettant l\u2019absence de compensation vers\u00e9e \u00e0 leur famille alors qu\u2019ils ou elles ne peuvent plus subvenir \u00e0 ses besoins.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 ce confinement, certaines personnes d\u00e9cident de quitter le site am\u00e9nag\u00e9 pour partir s\u2019installer en brousse, o\u00f9 elles pourront \u00e0 la fois \u00e9chapper aux mesures de confinement et vivre du \u00ab&nbsp;ravitaillement champ\u00eatre&nbsp;\u00bb. D\u2019autres racontent avoir pris l\u2019habitude d\u2019\u00ab&nbsp;attendre la nuit&nbsp;\u00bb \u2013 soit lorsque le personnel des ONG plus l\u00e0 \u2013 pour \u00ab&nbsp;sortir discr\u00e8tement du camp [\u2026] et aller de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re [avec la RCA]&nbsp;\u00bb, ou encore se rendre \u00ab&nbsp;au chantier d\u2019or [\u2026] afin de trouver de quoi [faire vivre la famille]&nbsp;\u00bb. Ces pratiques t\u00e9moignent de la capacit\u00e9 des personnes r\u00e9fugi\u00e9es \u00e0 d\u00e9placer, n\u00e9gocier et contourner les m\u00e9canismes d\u2019immobilisation auxquels elles ont \u00e9t\u00e9 soumises.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Ce retour de terrain n\u2019a pas cherch\u00e9 \u00e0 expliquer la pand\u00e9mie de Covid-19, \u00e0 mesurer son impact ni \u00e0 juger la pertinence des r\u00e9ponses qui lui ont \u00e9t\u00e9 apport\u00e9es. Il a plut\u00f4t voulu la suivre dans ses manifestations concr\u00e8tes au sein du quotidien des populations rurales et r\u00e9fugi\u00e9es de l\u2019Est-Cameroun. En portant attention \u00e0 ses d\u00e9tours, ses effets indirects, ses r\u00e9appropriations locales, on a essay\u00e9 d\u2019observer comment cette crise sanitaire mondiale a pu \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e, d\u00e9tourn\u00e9e, contredite ou ignor\u00e9e&nbsp;; non par d\u00e9ni, mais par n\u00e9cessit\u00e9 ou par \u00e9conomie de sens.<\/p>\n\n\n\n<p>La pand\u00e9mie ne s\u2019est pas impos\u00e9e partout avec la m\u00eame intensit\u00e9, ni selon les m\u00eames registres. Dans l\u2019arrondissement de Kette, elle a parfois exist\u00e9 moins comme virus que comme dispositif&nbsp;: un ensemble de normes, de gestes, de fermetures, d\u2019obligations, d\u2019absences. Elle a produit une r\u00e9alit\u00e9 faite de contraintes nouvelles donnant \u00e0 voir la pr\u00e9carit\u00e9 des moyens de subsistance, la fragilit\u00e9 des structures d\u2019assistance internationale, ou les usages politiques de la vuln\u00e9rabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 des consignes souvent inadapt\u00e9es et des dispositifs parfois mal compris, les actrices et acteurs locaux \u2013 qu\u2019ils et elles soient r\u00e9fugi\u00e9.es centrafricain.es, r\u00e9sident.es camerounais.es ou employ\u00e9.es humanitaires \u2013 ont invent\u00e9, ajust\u00e9, contourn\u00e9. Douter du virus, porter le masque sous le menton, sortir la nuit, vendre sa marchandise plus t\u00f4t, prier \u00e0 la maison, faire boire une d\u00e9coction \u00e0 son enfant&nbsp;: autant de strat\u00e9gies \u00e9labor\u00e9es entre m\u00e9fiance, fatigue, conviction, ruse.<\/p>\n\n\n\n<p>En documentant ces sc\u00e8nes, ce texte esp\u00e8re contribuer \u00e0 une ethnographie des pand\u00e9mies qui ne soit pas centr\u00e9e sur les d\u00e9cisions politiques ni les statistiques sanitaires, mais sur ce que ces crises font \u00e0 l\u2019ordinaire. Sur la mani\u00e8re dont elles s\u2019installent dans les plis du quotidien, se heurtent aux logiques locales et viennent parfois renforcer ou recomposer les d\u00e9s\u00e9quilibres pr\u00e9existants.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:79px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes de bas de page<\/h2>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote1sym\" href=\"#sdendnote1anc\">1<\/a> Alexandre T. Djimeli, \u00ab\u00a0La communication publique sur la Covid-19 au Cameroun\u202f: une lecture syst\u00e9mique des logiques d\u2019action dans le temps de l\u2019\u00ab\u202fangoisse pand\u00e9mique\u202f\u00bb\u00a0\u00bb, <em>Djiboul<\/em> 1, n<sup>o<\/sup> 7 (2024): 3\u201118.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote2sym\" href=\"#sdendnote2anc\">2<\/a> Larissa Kojou\u00e9<em> et al<\/em>., \u00ab\u00a0Rendre compte de la fracture politique. Crise sanitaire, communication gouvernementale et l\u00e9gitimit\u00e9 politique au Cameroun\u00a0\u00bb, <em>Global Africa<\/em>, n<sup>o<\/sup> 9 (2025): 130\u201141; Mahama Tawat, \u00ab\u00a0Fake News and COVID-19 Vaccine Hesitancy: A Study of Practices and Sociopolitical Implications in Cameroon\u00a0\u00bb, SSRN Scholarly Paper (Rochester, NY, 21 mai 2021).<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote3sym\" href=\"#sdendnote3anc\">3<\/a> Raoul Ehode Elah, \u00ab\u00a0Etat des lieux de l\u2019impact socio\u00e9conomique de la Covid-19 au Cameroun\u00a0\u00bb, <em>Revue de l\u2019acad\u00e9mie des sciences sociales du Cameroun<\/em>, n<sup>o<\/sup> 18 (2022): 501\u201113.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote4sym\" href=\"#sdendnote4anc\">4<\/a> Jerome Nyhalah Dinga <em>et al<\/em>., \u00ab\u00a0Factors Driving COVID-19 Vaccine Hesitancy in Cameroon and Their Implications for Africa: A Comparison of Two Cross-Sectional Studies Conducted 19 Months Apart in 2020 and 2022\u00a0\u00bb, <em>Vaccines<\/em> 10, n<sup>o<\/sup> 9 (2022): 1401; Ramatu Abdu et Nixon Kahjum Takor, \u00ab\u00a0COVID 19 Immunization (Vaccine) Reticence and Traditional Healthcare Resilience among the Mbororos of the North-West Region (Cameroon), 2020- 2022\u00a0\u00bb, <em>Humanities and Social Sciences<\/em>, 2022, 8.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote5sym\" href=\"#sdendnote5anc\">5<\/a> Toutes les expressions figurant entre guillemets dans le texte sont des verbatim tir\u00e9s de discussions informelles.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote6sym\" href=\"#sdendnote6anc\">6<\/a> Daniel Cefa\u00ef, \u00ab\u00a0Codifier l\u2019engagement ethnographique\u202f? Remarques sur le consentement \u00e9clair\u00e9, les codes d\u2019\u00e9thique et les comit\u00e9s d\u2019\u00e9thique\u00a0\u00bb, in <em>L\u2019Engagement ethnographique<\/em> (Paris: EHESS, 2010), 493\u2011512; Isabelle Clair, \u00ab\u00a0Faire du terrain en f\u00e9ministe\u00a0\u00bb, <em>Actes de la recherche en sciences sociales<\/em> 213, n<sup>o<\/sup> 3 (2016): 81.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote7sym\" href=\"#sdendnote7anc\">7<\/a> R\u00e9alis\u00e9s notamment \u00e0 l\u2019aide du logiciel Fotor\u00a0: <a href=\"https:\/\/goart.fotor.com\/\">https:\/\/goart.fotor.com\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote8sym\" href=\"#sdendnote8anc\">8<\/a> Extrait d\u2019entretien, Batouri, 19\/03\/2021.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote9sym\" href=\"#sdendnote9anc\">9<\/a> Guillaume Lachenal, <em>Le m\u00e9dicament qui devait sauver l\u2019Afrique<\/em> (2014), Paris : La D\u00e9couverte\u00a0; Sara Lowes &amp; Eduardo Montero, &#8220;The Legacy of Colonial Medicine in Central Africa&#8221;, <em>American Economic Review,<\/em> vol. 111, n\u00b04 (2021): 1284\u20131314.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote10sym\" href=\"#sdendnote10anc\">10<\/a> Emmanuelle Roth, \u201cEpidemic temporalities: A concise literature review\u201d, <em>Anthropology Today<\/em>, vol. 36, n\u00b04 (2020): 13-16; Dinga <em>et al<\/em>., \u201cFactors Driving COVID-19 Vaccine Hesitancy in Cameroon\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote11sym\" href=\"#sdendnote11anc\">11<\/a> Discussion informelle, arrondissement de Kette, ao\u00fbt 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote12sym\" href=\"#sdendnote12anc\">12<\/a> Kojou\u00e9 <em>et al<\/em>., \u00ab\u00a0Rendre compte de la fracture politique\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote13sym\" href=\"#sdendnote13anc\">13<\/a> Antoine de Padoue Nsegbe, D\u00e9sir\u00e9 Ndoki, et Aristide Yemmafouo, \u00ab\u00a0Gouvernance de la Covid-19 et impacts socio-\u00e9conomiques et politiques des mesures prises dans le cadre de la lutte contre la pand\u00e9mie au Cameroun\u00a0\u00bb, <em>Les Cahiers d\u2019Outre-Mer<\/em> n\u00b0 282, n<sup>o<\/sup> 2 (2020): 419\u201135.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote14sym\" href=\"#sdendnote14anc\">14<\/a> Voir, \u00e0 ce sujet, Lefort-Rieu &amp; Ngodji, \u00ab\u00a0Aide internationale et gouvernances \u00e9ducatives en situation de pand\u00e9mie\u00a0: la Covid-19 au Cameroun\u00a0\u00bb, <em>Cahiers d\u2019\u00e9tudes africaines<\/em>, n\u00b0250 (2023)\u00a0: 243-262.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote15sym\" href=\"#sdendnote15anc\">15<\/a> Marie-Emmanuelle Pommerolle, \u00ab\u00a0Routines autoritaires et innovations militantes\u00a0\u00bb, <em>Politique africaine<\/em>, vol. 108, n\u00b04 (2007)\u00a0: 155-172.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote16sym\" href=\"#sdendnote16anc\">16<\/a> Claire Lefort-Rieu <em>et al<\/em>., \u00ab\u00a0La sant\u00e9 globale \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du local en contexte pand\u00e9mique\u202f: r\u00e9ceptions et (re)n\u00e9gociations des normes et mod\u00e8les de lutte contre la pand\u00e9mie de Covid-19 au Cameroun\u00a0\u00bb, <em>Suds<\/em>, n<sup>o<\/sup> 288 (2023): 15\u201146.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote17sym\" href=\"#sdendnote17anc\">17<\/a> De mars \u00e0 d\u00e9cembre 2020, l\u2019UNHCR enregistre dix-neuf cas positifs \u00e0 la Covid-19 parmi les 280\u00a0000 \u00ab\u00a0personnes relevant de sa comp\u00e9tence\u00a0\u00bb (<em>people of concern<\/em>) \u00e0 l\u2019est du Cameroun (donn\u00e9es pr\u00e9sent\u00e9es lors d\u2019une r\u00e9union organis\u00e9e par l\u2019UNHCR afin de mettre \u00e0 jour de son \u00ab\u00a0Plan de contingence Covid-19 dans la fa\u00e7ade est\u00a0\u00bb\u00a0: observation du 01\/03\/2021, Yaound\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote18sym\" href=\"#sdendnote18anc\">18<\/a> Jo\u00ebl Glasman, \u00ab\u00a0Vulnerability: impartial algorithms and analog malnutrition\u00a0\u00bb, in <em>Humanitarianism and the Quantification of Human Needs: Minimal Humanity<\/em> (Abingdon, Oxon; New York: Routledge, 2019), 211\u201142.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote19sym\" href=\"#sdendnote19anc\">19<\/a> Annie Wilkinson et Melissa Leach, \u00ab\u00a0Briefing: Ebola\u2013myths, realities, and structural violence\u00a0\u00bb, <em>African Affairs<\/em> 114, n<sup>o<\/sup> 454 (1 janvier 2015): 136\u201148\u202f; je traduis.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 17 mars 2020, soit onze jours apr\u00e8s la d\u00e9tection du premier cas de Covid-19 dans le pays, le gouvernement camerounais annonce une s\u00e9rie de mesures destin\u00e9es \u00e0 lutter contre la propagation de la pand\u00e9mie&nbsp;: fermeture des fronti\u00e8res, des \u00e9coles et des lieux de divertissement (bars, discoth\u00e8ques, etc.), interdiction des rassemblements, limitation des d\u00e9placements et, 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